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Actualités - Chronologie

Deux logiques économiques différentes

PARIS, 26 Mai (Reuter). — La mise en œuvre de la monnaie unique européenne et les moyens de relancer l’économie et de créer des emplois ont été au cœur de l’affrontement entre la majorité RPR-UDF et le Parti socialiste depuis le début de la campagne pour les élections législatives.
Les deux camps se sont également opposés sur les privatisations et la fiscalité.
• EMPLOI
La majorité estime que les baisses des charges, notamment sur les bas salaires, permettront de créer des emplois. Ainsi, le plan textile, qui a permis de sauver 35.000 emplois, pourrait être étendu à d’autres secteurs.
Selon le ministre RPR de l’Industrie, Franck Borotra, une économie de 60 milliards de FF est possible sur les 120 milliards de FF annuels d’aides à l’emploi. Trente milliards pourraient être affectés à l’abaissement des charges.
Le PS prévoit de créer 700.000 emplois pour les jeunes, dont une moitié dans la sphère publique et l’autre dans le privé. Cette mesure est évaluée à 50 milliards FF, dont 35 milliards pour les emplois publics. Son financement serait obtenu principalement par redéploiement des aides à l’emploi.
Les deux camps comptent aussi sur la réduction et l’aménagement du temps de travail pour lutter contre le chômage.
La majorité veut étendre la loi Robien, qui associe baisse des charges et réduction du temps de travail.
L’opposition prévoit une loi-cadre pour ramener la durée du temps de travail de 39 heures à 35 heures sans diminution de salaires. Patronat et syndicats auraient deux ans pour négocier les modalités. L’ancien premier ministre Michel Rocard défend un système incitatif de modulation des charges, qui pourrait créer, selon lui, entre 500 et 800.000 emplois en deux ans.
• MONNAIE UNIQUE
Le président Jacques Chirac a justifié la dissolution de l’Assemblée par les impératifs de la construction européenne.
Le RPR et l’UDF disent vouloir «réussir l’euro au 1er janvier 1999 pour stimuler la croissance et l’emploi».
Le Parti socialiste refuse que la mise en œuvre de l’euro se traduise par un nouveau plan d’austérité. Il pose quatre conditions à l’UEM: gouvernement économique face à la Banque centrale européenne, entrée de l’Italie et de l’Espagne, pacte de croissance et euro compétitif face au dollar. Le PS estime que les critères doivent être appréciés en tendance, notamment celui limitant les déficits publics à 3% du PIB.
La majorité refuse la lecture en tendance des critères même si Alain Juppé vient de reconnaître que la décision sur l’UEM est «politique et que la énième décimale pourrait céder le pas à des considérations historiques et politiques». De même, certains dirigeants de droite, notamment le président du Sénat René Monory et le responsable centriste Pierre Méhaignerie, admettent que le traité laisse des marges d’appréciation.
L’ancien président de la Commission européenne Jacques Delors affirme que les conditions posées par le PS sont «tout à fait» conformes à Maastricht.
Le Parti communiste, hostile à l’euro, réclame un nouveau traité soumis à un référendum. Il affirme qu’il considérera comme une violation de la «déclaration commune» signée avec le PS le respect du calendrier de la monnaie unique.
• RELANCE DE L’ECONOMIE
La majorité et l’opposition s’opposent sur les moyens de relancer la croissance, la première privilégiant l’investissement et la seconde la consommation.
Se basant sur la croissance de 2% enregistrée en 1996, le RPR et l’UDF assurent que la consommation n’est pas en panne mais jugent l’investissement insuffisant. Ils préconisent donc un allègement des charges sociales des entreprises.
Le PS souligne pour sa part que seule la consommation est susceptible de créer un cercle vertueux en relançant la croissance et l’emploi. Pour Lionel Jospin, cela passe par une action progressive sur les salaires et par une stratégie commune aux pays membres de l’Union européenne.
Les socialistes excluent tout accroissement des déficits publics et prévoient une réorientation des crédits.
• PRIVATISATIONS
La majorité RPR-UDF propose la poursuite des privatisations entamées en 1993. Elle les juge nécessaires pour financer les recapitalisations des groupes publics en difficulté. Alain Juppé estime que le Crédit Lyonnais et Air France peuvent être privatisés avant la fin de l’année.
Le PS a adopté une position de principe qui reprend de «ni nationalisation, ni privatisation» mitterrandien. Mais son attitude a fluctué au cours de la campagne au sujet de l’ouverture du capital de France Télécom, engagée par l’actuel gouvernement.
Après avoir affirmé que l’opérateur devait rester à 100% public, Lionel Jospin a déclaré qu’il envisageait de consulter les salariés sur la poursuite du processus. Certains responsables du PS font valoir qu’un éventuel gouvernement de gauche pourrait recourir à la loi de respiration du secteur public. Pour eux, l’Etat doit rester majoritaire dans le capital de groupes publics mais peut limiter sa participation à 51%.
• FISCALITE
La majorité s’engage à baisser les impôts et les charges. Elle promet de poursuivre la baisse de l’impôt sur le revenu (75 milliards de FF sur cinq ans) et d’engager une réforme de la taxe professionnelle. Certains dirigeants réclament en outre un allègement de l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF).
Le PS veut «rendre l’impôt plus juste» et préfère une réduction de la TVA sur les produits de première nécessité. Il souhaite un accroissement du dégrèvement social de la taxe d’habitation. Il veut aussi relever le barème de l’ISF.
•PROTECTION SOCIALE
Les deux camps s’opposent sur l’ampleur du déficit de la sécurité sociale. Dans le cadre de la maîtrise des dépenses de santé, le PS préconise des sanctions individuelles contre les médecins fautifs de dépassement tandis que la majorité s’en tient aux sanctions collectives malgré le récent mouvement des internes soutenus par les médecins libéraux.
• RETRAITES
L’alliance RPR-UDF et le PS s’affrontent sur la récente loi instituant les fonds d’épargne-retraite. L’opposition ne réclame plus sa suppression mais entend limiter son application pour préserver les régimes obligatoires.
PARIS, 26 Mai (Reuter). — La mise en œuvre de la monnaie unique européenne et les moyens de relancer l’économie et de créer des emplois ont été au cœur de l’affrontement entre la majorité RPR-UDF et le Parti socialiste depuis le début de la campagne pour les élections législatives.Les deux camps se sont également opposés sur les privatisations et la fiscalité.• EMPLOILa majorité estime que les baisses des charges, notamment sur les bas salaires, permettront de créer des emplois. Ainsi, le plan textile, qui a permis de sauver 35.000 emplois, pourrait être étendu à d’autres secteurs.Selon le ministre RPR de l’Industrie, Franck Borotra, une économie de 60 milliards de FF est possible sur les 120 milliards de FF annuels d’aides à l’emploi. Trente milliards pourraient être affectés à l’abaissement des...