JERUSALEM, 23 Mai (AFP). — Israël se déclarait peu optimiste vendredi quant aux chances de débloquer le processus de paix lors du sommet prévu mardi entre le premier ministre Benjamin Netanyahu et le président égyptien Hosni Moubarak.
Lors de ce sommet, dans la station balnéaire égyptienne de Charm el-Cheikh, M. Moubarak prévoit de demander à M. Netanyahu de geler pendant six mois la colonisation juive dans les territoires palestiniens, dont la poursuite a entraîné l’arrêt du processus de paix, a indiqué la presse israélienne.
«Notre position n’a pas changé. Ce n’est pas parce qu’un autre pays présente un point de vue différent qu’Israël doit renoncer à ses intérêts vitaux», a déclaré M. Moshé Fogel, un porte-parole du gouvernement.
Il a néanmoins affirmé que cette rencontre se justifiait pour explorer les autres moyens de ramener Israéliens et Palestiniens à la table des négociations, interrompues après la mise en chantier par Israël, le 18 mars, d’un nouveau quartier juif à Jérusalem-Est.
«Dans la mesure où l’Egypte et Israël sont deux Etats entretenant des relations diplomatiques, il est naturel que les divergences soient évoquées par leurs dirigeants», a-t-il ajouté.
M. Fogel a cependant estimé «peu probable» que cette rencontre «entraîne une percée diplomatique» dans le processus de paix.
Selon la presse israélienne vendredi, les Egyptiens tentent de convaincre le président palestinien Yasser Arafat et le roi Hussein de Jordanie de se joindre au sommet prévu mardi.
M. Arafat a indiqué vendredi qu’il n’avait toujours pas reçu d’invitation officielle. «Nous espérons que ce sommet ouvrira la voie à des progrès dans le processus de paix», a-t-il néanmoins déclaré.
M. Moubarak, qui vient d’achever deux jours de discussions avec M. Arafat, doit s’entretenir samedi avec le roi Hussein de Jordanie.
Le conseiller de M. Moubarak Ossama el-Baz a été dépêché vendredi en Israël pour y préparer le sommet Netanyahu-Moubarak.
Ces derniers mois, le dirigeant israélien et ses conseillers ont accusé à multiples reprises M. Moubarak d’encourager les Palestiniens à ne pas faire de compromis sur le processus de paix afin d’accroître la pression internationale sur Israël.
Ainsi, M. Netanyahu ne s’est déclaré favorable à la rencontre de Charm el-Cheikh qu’après que l’annonce d’un projet d’entretien entre le président israélien Ezer Weizman et son homologue égyptien.
Les conseillers de M. Netanyahu auraient manifesté leur agacement face à ce qu’ils perçoivent comme une ingérence dans les affaires diplomatiques de la part de M. Weizman, dont le rôle est essentiellement honorifique.
En revanche, le sommet de Charm el-Cheikh prouverait que les rencontres de M. Netanyahu avec les dirigeants arabes se poursuivaient en dépit de la crise.
A deux reprises, M. Netanyahu a été forcé, dans des circonstances similaires, de plonger dans l’arène diplomatique. En février, il avait arrangé en toute hâte une visite au roi Hussein à Amman après que son ministre de la Défense Yitzhak Mordehaï, un membre modéré du gouvernement, eut annoncé son intention de se rendre en Jordanie. M. Mordehaï avait dû annuler sa visite.
Fin 1996, M. Netanyahu avait aussi pris le train en marche, après l’annonce par le président Weizman de son intention de rencontrer M. Arafat lors d’une crise précédente dans les négociations avec les Palestiniens. M. Netanyahu avait alors décidé d’un entretien avec le président palestinien.

