Moins d’une vingtaine occupent toujours une pièce en rez-de-chaussée des bâtiments du Haut-Commissariat de l’ONU pour les réfugiés (HCR), sur les 230 arrivés en mars.
Beaucoup, ces dernières semaines, ont ainsi tenté de fuir vers le Congo par le fleuve. Samedi dernier, à l’écho des premières détonations annonçant l’entrée de l’Alliance en ville, une soixantaine ont encore tenté leur chance. «Mais nous n’avons aucune nouvelle d’eux», explique Jean-Claude, 21 ans.
L’irruption des troupes dans l’hôpital Mama Yemo de Kinshasa, où la veille encore 46 soldats des ex-Forces armées rwandaises (FAR) soignaient leurs blessures, a accru la panique.
Seize hommes ont été emmenés vers l’ancien camp de la garde civile, le camp Mobutu dans le quartier de Lemba contrôlé par la nouvelle armée. Deux d’entre eux ont été emmenés à l’arrière du camp et n’ont plus reparu tandis que les autres subissaient, sous l’œil des caméras et des télévisions, humiliations et coups de bottes.
Insécurité totale
«Si ce sont des militaires, on va les tuer», avait posément expliqué aux journalistes un commandant, en scrutant les pieds de ses proies pour y chercher sur les chevilles la marque des rangers.
L’intervention du Comité international de la Croix-Rouge avait alors permis d’obtenir un peu de répit aux prisonniers mais le lendemain, le CICR a été empêché d’accéder à eux comme convenu, selon son porte-parole Nic Sommer: «Officiellement, il n’y avait pas d’officier responsable pour nous accompagner», a-t-il expliqué en s’avouant sans nouvelle de ces hommes.
Le CICR avait également évacué six FAR de l’hôpital Mama Yemo vers le HCR, tandis que cette organisation emmenait 18 blessés vers la clinique Kinoise, un établissement privé.


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