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Actualités - Chronologie

Le nouveau régime en observation à Kinshasa

KINSHASA, 25 Mai (AFP).— Une semaine après l’entrée en douceur de ses nouveaux maîtres, Kinshasa observe plus attentive qu’enthousiaste l’ordre nouveau qui s’instaure.
La composition du gouvernement de la République démocratique du Congo, annoncée jeudi soir, a provoqué les premières manifestations de dépit dans les rangs de l’opposition radicale d’Etienne Tshisekedi, qui a indiqué pour sa part qu’il ne le «reconnaissait pas », jetant 300 à 400 de ses partisans dans les rues du centre-ville.
Pourtant la presse reste mesurée et s’applique à relever, dans les propos des dirigeants, les signaux encourageants annonciateurs d’une vie meilleure.
La ville a accueilli les «libérateurs» avec excitation mais retenue et, n’ayant toujours pas été conviée à un grand meeting populaire avec le chef de l’Etat, n’a pas encore eu l’occasion d’acclamer «papa Kabila» arrivé discrètement mardi soir.
Les soldats de l’Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo (AFDL) qui se sont répandus dans les quartiers populaires, souvent à l’appel des riverains, ont fait la chasse aux pillards et éléments armés, mettant fin au règne des petits chefs et anciens militaires qui rackettaient et terrorisaient les passants.

Premiers
désenchantements

Leur présence reste discrète en centre-ville, mais la brutalité dont ils font montre parfois dans les quartiers a fait naître les premiers désenchantements dès le milieu de semaine.
Les exécutions sommaires d’enfants ou de petits voleurs s’enfuyant un matelas sur le dos ou un pain dans la main ont choqué, de même que les coups infligés à plusieurs femmes en pantalons ou mini-jupe.
Le ministre des Affaires étrangères Bizima Karaha a assuré qu’il s’agissait de «dérapages» qui seraient «sanctionnés» et que l’AFDL, en dépit d’appels à la radio, n’en était pas à l’origine.
Dans leurs déclarations, les différents dirigeants de l’Alliance ont manié tour à tour propos conciliants et sévères mises en garde: «La liberté oui, mais la Révolution d’abord», a ainsi résumé M. Karaha.
Expliquant qu’il s’agit en premier lieu de restaurer l’Etat, puis de répondre aux besoins élémentaires de la population, le ministre a répété qu’il ne voulait pas de pseudo-élections dans un pays incapable de les organiser.
«Ce que veulent en priorité les gens de ce pays, c’est manger à leur faim», a-t-il répété, sûr d’être entendu par une population qui se contente dans la majorité des cas d’un repas quotidien.
Dès lundi, les opérateurs économiques avaient été convoqués par le ministre du Plan et du Développement, Babi Mbayi, sommés de faire des affaires mais prévenus qu’aucune «pratique hos-la-loi» ne serait tolérée.
Prônant l’économie sociale de marché, M. Babi avait rassuré les hommes d’affaires par son credo libéraliste — «Moins on intervient dans le domaine économique, mieux c’est» —, mais averti que l’AFDL attendait d’eux des investissements à caractère social, parlant de «l’acier des Kalachnikov sous le gant de velours».
Bian que prudents, les hommes d’affaires présents s’étaient déclarés confortés par cette première prise de contacts.
La référence aux statuts de l’AFDL dans le décret de nomination des treize premiers ministres — qui seront rejoints par sept autres prochainement — a suscité la méfiance d’un pays éprouvé pendant 25 ans par l’omniprésence du MPR de M. Mobutu.

La phase la
plus difficile

Mais le ministre de l’Information Raphaël Ghenda a fait valoir qu’après avoir libéré tout le territoire, «l’AFDL était en mesure de composer un gouvernement exclusivement réservé à l’Alliance. Or, plusieurs personnalités viennent d’autres horizons politiques», même si elles ont toutes depuis rallié le mouvement.
Pour avoir assisté toute la semaine au défilé des quémandeurs de poste, Bizima Karaha a simplement souligné qu’il «est impossible que tous les gens qui le souhaitent rentrent au gouvernement», ajoutant à l’adresse de M. Tshisekedi avoir cherché «des personnalités intègres et prêtes au sacrifice».
Au-delà de la libération, a-t-il ajouté, s’ouvre «la phase la plus difficile, celle de la reconstruction». De ses propos, il ressort que l’Alliance n’a pas l’intention de s’encombrer d’états d’âme pour la mener comme bon lui semble.
KINSHASA, 25 Mai (AFP).— Une semaine après l’entrée en douceur de ses nouveaux maîtres, Kinshasa observe plus attentive qu’enthousiaste l’ordre nouveau qui s’instaure.La composition du gouvernement de la République démocratique du Congo, annoncée jeudi soir, a provoqué les premières manifestations de dépit dans les rangs de l’opposition radicale d’Etienne Tshisekedi, qui a indiqué pour sa part qu’il ne le «reconnaissait pas », jetant 300 à 400 de ses partisans dans les rues du centre-ville.Pourtant la presse reste mesurée et s’applique à relever, dans les propos des dirigeants, les signaux encourageants annonciateurs d’une vie meilleure.La ville a accueilli les «libérateurs» avec excitation mais retenue et, n’ayant toujours pas été conviée à un grand meeting populaire avec le chef de l’Etat,...