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Actualités - Conferences Internationales

Les arabes ont du mal à parler de drogue

LE CAIRE, 22 Mai (AFP). — Les pays arabes ont du mal à parler du drogue et délaissent souvent chiffres et analyses au profit de digressions moralisantes ou religieuses. Le verdict sans appel s’est imposé lors d’une conférence du Conseil international sur les problèmes de l’alcoolisme et des toxicomanies (CIPAT) tenue au Caire.\
«L’Arabie Séoudite est le seul pays arabe représenté au Conseil de la CIPAT mais cela ne veut pas dire qu’elle souffre d’un problème», a affirmé le président de cette organisation non-gouvernementale, le Séoudien Ibrahim al-Awaji. «Aucun pays ne peut affirmer être indemne», avait-il pourtant déclaré à l’ouverture du congrès annuel de la CIPAT, qui s’est achevé jeudi.
«La plupart des pays arabes ont des problèmes de drogue plutôt que d’alcool, mais dans le Golfe ils ont les deux», note pourtant le délégué régional de la CIPAT, M. Charafeddine Malik.
L’Arabie Séoudite a décrété en 1987 la peine de mort pour le trafic de stupéfiants, dont elle rend souvent responsables ses immigrés, notamment asiatiques. L’Egypte lui a emboîté le pas en 1989, puis les Emirats arabes unis et le Koweit l’an dernier.
Les études chiffrées sont quasi inexistantes dans les pays arabes où les polices annoncent régulièrement des saisies.
«Il existe un fort besoin d’améliorer les moyens scientifiques de collecter l’information dans beaucoup de pays de la région», souligne Ahmed Mohit, conseiller au bureau régional de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), qui a rajouté qu’«il est nécessaire de construire des systèmes nationaux d’information».
Ainsi, alors que la plupart des experts ont noté une hausse de l’usage des drogues, y compris en Egypte, le doyen des spécialistes égyptiens, Moustafa Soueif, a repéré «une baisse constante de l’utilisation de substances psychotropes depuis quinze ans parmi les jeunes en Egypte».
Il n’a cité aucun chiffre mais montré des diapositives affichant des courbes toutes orientées à la baisse, relatant l’usage confondu d’alcools, tabacs, médicaments et drogues diverses. «Ceci est dû, selon lui, à la hausse du prix des drogues, l’efficacité des mesures prises par la police et peut-être la croissance des sentiments religieux».
Pourtant, selon M. Malik, «nous assistons à l’introduction de drogues dures, comme l’héroïne, en Egypte. Depuis quinze ans les saisies sont en hausse. Le bango, forme de haschisch, est très populaire».
«Le trafic, surtout de haschisch pour la consommation intérieure, représente en Egypte deux à quatre milliards de dollars par an», le double des recettes du canal de Suez, estime un professeur de l’Université d’Alexandrie, Salah Abdel Motaal.
«Les experts des pays arabes n’arrivent pas à parler franchement de l’existence de problèmes d’alcoolisme, de drogue ou de sida car cela touche à trop d’interdits, notamment religieux», note un chercheur européen d’origine maghrébine, qui souhaite conserver l’anonymat.
«D’ailleurs, la politique de prévention est quasi inexistante dans ces pays et ces problèmes sont le plus souvent assimilés à des maladies mentales et traités uniquement par la répression ou l’hospitalisation», ajoute-t-il.
Selon le département pour la prévention de la drogue du Conseil de ministres arabes de l’Intérieur, basé à Amman, très peu de pays disposent de centres de traitement ou de post-cure.
L’islam, religion dominante dans le monde arabe, interdit l’alcool, mais aussi toute drogue favorisant la perte de conscience, et constitue donc «la meilleure des préventions», selon les participants à un séminaire, organisé en marge de la conférence, sur l’utilisation de la religion pour lutter contre la drogue.
LE CAIRE, 22 Mai (AFP). — Les pays arabes ont du mal à parler du drogue et délaissent souvent chiffres et analyses au profit de digressions moralisantes ou religieuses. Le verdict sans appel s’est imposé lors d’une conférence du Conseil international sur les problèmes de l’alcoolisme et des toxicomanies (CIPAT) tenue au Caire.\«L’Arabie Séoudite est le seul pays arabe représenté au Conseil de la CIPAT mais cela ne veut pas dire qu’elle souffre d’un problème», a affirmé le président de cette organisation non-gouvernementale, le Séoudien Ibrahim al-Awaji. «Aucun pays ne peut affirmer être indemne», avait-il pourtant déclaré à l’ouverture du congrès annuel de la CIPAT, qui s’est achevé jeudi.«La plupart des pays arabes ont des problèmes de drogue plutôt que d’alcool, mais dans le Golfe ils ont...