«C’est la meilleure vente d’une collection depuis 1989», date à laquelle le marché de l’art s’est effondré, a commenté Christopher Burge, président de Christie’s USA et commissaire-priseur de la soirée.
Cette collection qui était estimée au total entre 76 et 98 millions de dollars a réalisé 92.794.500 dollars, et 54% des lots ont été adjugés au-dessus de leur estimation haute.
Les quatre chefs-d’œuvre ont réalisé des prix excellents, notamment «Madame Cézanne au fauteuil jaune», l’un des quatre portraits de la femme du peintre, est parti pour 23.102.500 dollars (estimation entre 20 et 25 millions).
Il a été acheté par le marchant suisse Ernst Beyeler, mais on ignore s’il achetait pour sa galerie de Bâle (Suisse) ou s’il agissait en tant qu’intermédiaire.
M. Burge s’est refusé à dire si le tableau était toujours en mains privées, alors que les trois autres portraits de Mme Cézanne sont dans des musées.
«Manet à la palette», l’un des deux autoportraits connus du peintre, est parti pour 18.702.500 dollars (estimation: 15 millions), «Danseuse assise aux bas roses», de Toulouse-Lautrec, 14.522.500 dollars (estimation entre 8 à 10 millions) et «Les toits de l’Estaque», un paysage de Cézanne, a été adjugé 12.652.500 dollars (même estimation).
Six autres tableaux signés Renoir, Gauguin ou Monet ont été adjugés entre 1,5 et 4,2 millions de dollars.
Seul un des 29 lots n’a pas trouvé preneur, «La Seine à Argenteuil», de Renoir, retiré de la vente à 800.000 dollars alors que son estimation basse était de 1,2 million.
Marché solide
Les prix tiennent compte de la commission de la maison d’enchères, 15% jusqu’à 50.000 dollars et 10% au-delà, ce qui n’est pas le cas des estimations.
L’ancien ambassadeur des Etats-Unis, John Loeb, l’un des enfants de John Langeloth Loeb et Frances Lehman Loeb, tous deux décédés l’an dernier, s’est dit «totalement ravi de ce résultat spectaculaire».
«Mes parents avaient acheté ces œuvres parce qu’ils les aimaient, pas pour leur valeur, mais ils auraient été heureux du résultat», a-t-il assuré.
«C’était une collection célèbre, très importante», a expliqué M. Burge. «Le nom et la provenance ont sans aucun doute joué un rôle» dans le succès de la vente, a-t-il dit.
«Mais nous avons certainement un marché solide», a-t-ajouté, assurant de sa confiance dans les deux soirées d’enchères d’art impressionniste et moderne «normales», chez Sotheby’s et chez Christie’s.
Les Loeb avaient commencé leur collection dans les années 1950, en achetant beaucoup chez Christie’s, l’une des raisons qui ont conduit leurs héritiers à choisir la maison britannique pour disperser ces toiles.
Leur appartement de Park Avenue ressemblait à un musée, et des historiens de l’art y organisaient parfois des conférences pour leurs étudiants.
Le résultat de la vente sera affecté à une organisation philanthropique créée, selon les vœux de M. et Mme Loeb, pour financer des programmes éducatifs et culturels mais aussi de planning familial.
Ces soirées d’enchères ne manqueront pas de chefs-d’œuvre, avec notamment «Demi nu à la cruche», un Picasso de la période rose estimé entre 5 et 7 millions de dollars, ou «La Seine à Argenteuil» de Monet (même estimation), chez Christie’s.
Sotheby’s proposera pour sa part «Jeanne Hébuterne au chapeau», de Modigliani (entre 8 et 10 millions) et «Danseuses», de Degas (5 à 7 mil-lions).


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