A l’issue de la «Longue marche» (1934-35) qui avait permis à l’Armée rouge de briser l’encerclement des troupes nationalistes, Mao et ses hommes s’installent dans les grottes de Yanan (nord-est), raconte le «Digest des auteurs», citant un récent livre «Les frères de Mao et les sœurs de He».
«En février 1937, Mao Tsétoung, Zhu De et Zhou Enlai décident d’encourager l’apprentissage de la danse de type occidental, par couples», et demandent à Agnes Smedley et à Lily Wu, une jeune Chinoise très peu conventionnelle, de les y instruire.
«Ces cours de danse ont fait souffler un vent de malaise à Yanan», poursuit le récit de Yun Ding et Zhang Sulai, les auteurs du livre publié par les Editions littéraires et artistiques du Jiangsu (est).
La grotte était fréquentée par la jeunesse dorée de Shanghai et Pékin qui avait fait le pèlerinage à ce haut-lieu de la révolution.
Forte hostilité
Entre Mmes Smedley et He Zichen s’installe rapidement une forte hostilité, qu’elles ne cherchent guère à dissimuler.
L’Américaine croit notamment que Mme Mao, «pâlichonne et monacale, ne réunit pas les conditions pour être la compagne d’un tel dirigeant révolutionnaire», affirment les auteurs, se rapportant aux souvenirs de Nym Wales, l’épouse d’Edgard Snow, d’autres témoins privilégiés de l’époque.
Outre la séance de bal, Mao aimait d’ailleurs rendre visite à ces «intruses». Avec Lily Wu, «il aimait discuter de ses poésies (...) et des relations d’égalité qui allaient s’instaurer entre hommes et femmes après la libération».
Ces discussions ont été inopinément interrompues un certain soir par He Zichen, qui a fait irruption dans la grotte de sa rivale en la traitant de tous les noms.
«Œuf pourri, tu veux me tromper, avec ces cours de danse capitalistes!», lui a-t-elle asséné, avant de se lancer sur elle, «la griffant et tirant de ses cheveux jusqu’au sang».
L’arrivée d’Agnes Smedley mit la femme encore plus en fureur. «Impérialiste, tout cela est de ta faute», a-t-elle crié, avant de se ruer sur ce «diable étranger», mais avec si peu de chances qu’elle a été elle-même renversée.
L’impassibilité de Mao a encore accrû la fureur de son épouse. «Quel sorte de mari es-tu? Quel sorte d’homme? Quel sorte de communiste? Je subis devant tes yeux les attaques de cette impérialiste, et tu ne dis rien», s’est-elle écriée.
Droit
d’autodéfense
A quoi le Grand Timonier a répondu: «C’est toi qui l’a attaquée. Elle n’a fait qu’exercer son droit d’autodéfense».
Le couple Mao-He ne survécu pas à ces orages. Peu de temps après, elle a quitté Yanan, pour suivre un traitement médical en Union Soviétique, où elle restera près de dix ans.
Selon les auteurs du livre, Mao aurait fait plusieurs tentatives pour la ramener auprès de lui.
Ces tentatives n’ont cependant pas dû se prolonger longtemps, car rapidement une actrice de cinéma, connue à l’époque sous le nom de Lan Ping, allait accaparer toute l’attention de Mao.
Devant l’opposition de ses camarades à avaliser toutes les frasques de leur chef, Mao aurait déclaré: «Sans Lan Ping, je ne peux plus poursuivre la révolution», raconte un autre de ses biographes, Lucien Pye.
«Lan Ping» allait d’ailleurs prendre vengeance de ces réticences. Devenue Mme Jiang Qing, elle allait poursuivre impitoyablement toute la vieille garde du PC lors de la Révolution culturelle.


L'Iran ripostera de façon « décisive » à toute attaque, avertit son négociateur en chef
À Verdun, un « sommet spirituel » pour préserver l’unité nationale... et donner un coup de pouce au pouvoir