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Actualités - Chronologie

Le mal-aimé

PARIS, 21 Mai (AFP). — Deux ans après sa nomination, l’impopulaire premier ministre français Alain Juppé sert d’épouvantail à la gauche tout en étant critiqué par certains ténors de la droite, à quelques jours du premier tour des élections législatives.
Le chef du gouvernement s’efforce d’entretenir le doute sur sa reconduction en cas de victoire de la majorité le 1er juin, déclarant: «Je ne suis pas candidat à ma succession», alors que seuls 8% des Français déclarent souhaiter le voir conserver son poste.
Tenace, le protégé de Jacques Chirac, qui a rencontré l’actuel président de la République à 31 ans, devint ministre du Budget à 41 et premier ministre à 49 ans, ne se laisse pas déstabiliser pour autant.
A l’automne 1995 déjà, alors qu’un important mouvement social l’avait sérieusement ébranlé, il avait dit qu’il resterait «droit dans ses bottes».
Ses origines rurales dans le Sud-Ouest de la France n’épargnent pas à Alain Juppé une réputation de technocrate, incapable de déléguer ses pouvoirs. Il endosse aujourd’hui, à tort ou à raison, l’échec du gouvernement à faire baisser le chômage, objectif prioritaire de Jacques Chirac, lors de sa campagne présidentielle il y a deux ans.
Pour conquérir les électeurs, le premier ministre, qui souligne souvent en avoir pris «plein la gueule» depuis 1995, sillonne le pays, et réserve le week-end à la ville de Bordeaux (Sud-Ouest) dont il est le maire et où il brigue un siège de député.
S’il était reconduit à son poste après le 1er juin, il serait le premier chef du gouvernement à survivre à des élections législatives depuis le centriste Raymond Barre, premier ministre de Valéry Giscard d’Estaing, en 1978.
La gauche agite aujourd’hui la perspective de cinq années supplémentaires de gouvernement Juppé comme un chiffon rouge devant les électeurs. Le premier secrétaire du Parti socialiste, Lionel Jospin, déclarait lundi que «ce dont il faut être sûr, c’est que si la droite gagne les élections, c’est Alain Juppé qui sera à nouveau le premier ministre».
Pour le député socialiste Julien Dray, si «la droite gagne, ce sera Juppé «superstar» qui appliquera un programme libéral» et «fera entrer la France dans un capitalisme dur au moment où d’autres pays sont en train d’en sortir».
Mais Alain Juppé a dû aussi affronter les critiques jaillies des rangs de la majorité, lors d’une courte période où la gauche talonnait la droite dans les sondages.

Le sec et le jovial

M. Giscard d’Estaing a estimé début mai que les Français désiraient être «gouvernés autrement», dans une évidente référence à M. Juppé, avant de lui remanifester son soutien dans un meeting électoral à Clermont-Ferrand (centre).
La semaine dernière, le premier ministre a commencé à montrer de l’irritation à l’égard de son rival potentiel Philippe Séguin, le populaire président de l’Assemblée nationale sortante.
La presse a ainsi interprété cette interrogation publique de M. Juppé: «Vaut-il mieux avoir un gros jovial qui ne connaît pas ses dossiers ou un sec un peu moins jovial qui les connaît?»
M. Juppé réserve néanmoins l’essentiel de ses invectives à la gauche, déclarant que «l’ouverture de l’économie au monde (…) condamne à la régression économique et sociale ceux qui ne savent pas sortir des vieux schémas (…)».
PARIS, 21 Mai (AFP). — Deux ans après sa nomination, l’impopulaire premier ministre français Alain Juppé sert d’épouvantail à la gauche tout en étant critiqué par certains ténors de la droite, à quelques jours du premier tour des élections législatives.Le chef du gouvernement s’efforce d’entretenir le doute sur sa reconduction en cas de victoire de la majorité le 1er juin, déclarant: «Je ne suis pas candidat à ma succession», alors que seuls 8% des Français déclarent souhaiter le voir conserver son poste.Tenace, le protégé de Jacques Chirac, qui a rencontré l’actuel président de la République à 31 ans, devint ministre du Budget à 41 et premier ministre à 49 ans, ne se laisse pas déstabiliser pour autant.A l’automne 1995 déjà, alors qu’un important mouvement social l’avait sérieusement...