Le goût de la cerise : consécration pour Kiarostani
le 20 mai 1997 à 00h00
CANNES, 19 Mai (AFP). – Le festival de Cannes, en décernant au «Goût de la cerise» de l’Iranien Abbas Kiarostami la Palme d’Or (conjointement avec le Japonais Shohei Imamura), consacre un cinéaste qui est parvenu, au fil des ans, à construire une œuvre reconnue, malgré de modestes moyens et une censure sourcilleuse. Découvert en Europe en 1990, avec «Où est la maison de mon ami», Abbas Kiarostami était déjà venu à Cannes, en 1992, à la Quinzaine des réalisateurs avec «Et la vie continue» et, en 1994, en sélection officielle avec «Au travers des oliviers». Le cinéaste a débuté dans les années 70 avec des courts métrages, puis avec des longs métrages pour les jeunes. A 57 ans, il a bien failli, cette année, ne pas pouvoir présenter à Cannes «Le goût de la cerise», qui n’a reçu son autorisation que le premier jour du festival et a été programmé in-extremis par les organisateurs du festival. Tout au long du film, la caméra de Kiarostami suit un homme en voiture, dans les environs de Téhéran. L’homme arrête des personnes dans la rue pour leur proposer un travail: jeter quelques pelletées de terre sur son corps, le lendemain matin, quand il se sera suicidé. Soldat, chômeur, ouvrier, tous rejettent la requête du candidat à la mort. Jusqu’à ce qu’un vieux taxidermiste accepte, mais tente aussi de lui redonner le goût de vivre. Finalement, «peu importe que l’homme vive ou se tue, le film s’achève sur des images de la nature au printemps, des images de vie», explique le cinéaste, pour qui le suicide n’est qu’un prétexte pour faire «l’éloge de la vie». Sur un rythme très lent, le cinéaste a filmé, à l’automne, les paysages ocres des alentours de Téhéran, avec des carrières, des chantiers, des cailloux et de rares oliviers. On retrouve les mêmes endroits, verdoyants, dans un épilogue déconcertant, tourné en vidéo et destiné à symboliser «l’appel de la vie».
CANNES, 19 Mai (AFP). – Le festival de Cannes, en décernant au «Goût de la cerise» de l’Iranien Abbas Kiarostami la Palme d’Or (conjointement avec le Japonais Shohei Imamura), consacre un cinéaste qui est parvenu, au fil des ans, à construire une œuvre reconnue, malgré de modestes moyens et une censure sourcilleuse.Découvert en Europe en 1990, avec «Où est la maison de mon ami», Abbas Kiarostami était déjà venu à Cannes, en 1992, à la Quinzaine des réalisateurs avec «Et la vie continue» et, en 1994, en sélection officielle avec «Au travers des oliviers».Le cinéaste a débuté dans les années 70 avec des courts métrages, puis avec des longs métrages pour les jeunes.A 57 ans, il a bien failli, cette année, ne pas pouvoir présenter à Cannes «Le goût de la cerise», qui n’a reçu son autorisation que...
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