Le chef de l’opposition socialiste Lionel Jospin et le premier ministre conservateur Alain Juppé ont polémiqué sur le thème de la lutte contre le Front national (FN), dont l’idéologie est considérée comme une menace contre la démocratie par les trois quarts des Français.
M. Juppé a affirmé qu’il «serait intéressant de savoir» ce que Lionel Jospin pense de la déclaration de Jean-Marie Le Pen le jugeant «moins hystériquement européiste» que les responsables actuels de la France.
M. Jospin a déclaré pour sa part que son parti était «clair à l’égard des idées de l’extrême droite» et qu’«il n’y avait pas de porosité entre (ses) idées et les leurs».
Le ministre de la Ville, Eric Raoult, a assuré que «le parti socialiste et le FN étaient main dans la main pour bloquer le retour de la droite au pouvoir».
Lionel Jospin «n’aime pas les idées de M. Le Pen sur les tribunes, mais raffole des bulletins de vote» du Front national, a-t-il ajouté.
L’électorat Front national semble aujourd’hui stabilisé entre 13,5% et 15% du corps électoral, selon les sondages, et le report de ses voix au second tour sera un élément décisif pour la composition de la prochaine Chambre des députés — bien que le mode de scrutin ne lui permette pas d’obtenir plus d’un siège.
Aussi le FN était-il jusqu’à présent plus ignoré qu’attaqué par les principales formations. «Cette modération est l’expression d’une vraie gêne», affirme l’hebdomadaire Le Point.
Marque de l’inquiétude envers le vote protestataire qui peut gonfler les succès électoraux du FN, Alain Juppé a lancé une mise en garde à tous ceux qui seraient tentés «de se laisser aller à la mauvaise humeur» dans l’isoloir. «C’est bien beau de se défouler, mais après on se foule tout simplement», a-t-il prévenu.
Toutefois, l’outrance coutumière des propos de M. Le Pen, qui a accusé le président Chirac de préparer une Europe qui sera «le rêve d’Adolf Hitler», permet aux principales formations de droite et de gauche de reprendre l’étendard de la lutte anti-Le Pen.
MM. Chirac et Juppé, principales cibles de M. Le Pen, ont été accusés de vouloir «déstructurer ce grand pays centralisé qu’est la France pour mieux l’adapter au moule européiste (...). Avec cette Europe-là, dominée par l’Allemagne, organisée en laender et faisant fi des nations, on est en train de réaliser le rêve d’Adolf Hitler».


À Verdun, un « sommet spirituel » pour préserver l’unité nationale... et donner un coup de pouce au pouvoir