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Actualités - Chronologie

Derrière le Tchador, la révolution silencieuse des femmes

STEHERAN, 18 Mai (AFP). — Contraintes de sortir voilées et sujettes à toutes sortes de mesures restrictives au nom de la morale, les femmes iraniennes ont dans le même temps amorcé une révolution silencieuse qui bouleverse les fondements mêmes de la société islamique.
Informaticiennes ou employées de l’administration, présentatrices de télévision ou tisseuses de tapis, les Iraniennes sont fortement présentes dans l’économie du pays, malgré une culture qui exalte la femme au foyer.
Les bus de Téhéran, bondés de «tchadori» allant au travail entassées à l’arrière — les hommes sont à l’avant —, témoignent d’une société écartelée entre l’image de la femme traditionnelle et les profondes mutations de l’Iran moderne.
Dix-huit ans après la révolution islamique, l’âge moyen du mariage des femmes a reculé de 19 à 21 ans, la polygamie reste presque inexistante (2,2% des ménages) et le régime a lancé depuis 1988 une campagne énergique en faveur du contrôle des naissances.
Selon une enquête récente de l’Institut national d’études démographiques (INED) français, le nombre moyen d’enfants par femme est passé de 6,8 lors de la révolution, à 3,5 environ actuellement.
Cette chute impressionnante, selon l’étude, montre que l’analyse de la condition féminine en Iran «ne doit pas s’arrêter aux aspects les plus visibles de l’expérience iranienne, comme les discours politico-religieux, les lois inspirées de la charia (la loi islamique) et les contraintes vestimentaires».
La guerre contre l’Irak (1980/88) a donné un coup d’accélérateur à la prise de responsabilité par les femmes, souvent obligées de gagner leur vie et de gérer seules le foyer.
La crise économique a aussi joué un rôle important. «Bien des religieux aimeraient voir les femmes rester à la maison, mais aujourd’hui un couple ne peut plus vivre sur un seul revenu», fait valoir Fatemeh, qui tient un salon de coiffure pour dames à Téhéran.
Les femmes continuent toutefois de faire l’objet de mesures restrictives en décalage avec l’évolution sociale, tandis que le pouvoir alterne propos rigoristes sur le port du voile et encouragements officiels à participer à la vie publique.
Ainsi, alors que les Iraniennes ont le droit de conduire, il est très difficile pour les célibataires de voyager et d’être acceptées dans un hôtel sans être accompagnées.
De même, elles peuvent être avocates, députés ou administratrices de sociétés, mais non pas juges dans les tribunaux pénaux, et leur témoignage vaut la moitié de celui d’un homme devant une cour islamique, selon la charia.
Le sport féminin, pour lequel la fille du président sortant, Faézeh Hachémi, milite activement, est un terrain d’affrontement serré entre modernistes et traditionnalistes.
Le régime autorise les femmes à pratiquer en public seulement l’équitation, le ski et le tir à l’arc ou à la carabine. Le vélo, un temps populaire chez les Téhéranaises, a été banni pour «indécence» par les intégristes.
Les femmes ont commencé à s’introduire en politique. L’Iran compte ainsi 13 femmes députés, un maire d’arrondissement à Téhéran et un vice-ministre de la Santé.
Mais la campagne électorale pour la présidentielle du 23 mai a montré les limites de cette ouverture. Malgré neuf dossiers de candidatures féminines, aucune femme n’a été autorisée à se présenter.
STEHERAN, 18 Mai (AFP). — Contraintes de sortir voilées et sujettes à toutes sortes de mesures restrictives au nom de la morale, les femmes iraniennes ont dans le même temps amorcé une révolution silencieuse qui bouleverse les fondements mêmes de la société islamique.Informaticiennes ou employées de l’administration, présentatrices de télévision ou tisseuses de tapis, les Iraniennes sont fortement présentes dans l’économie du pays, malgré une culture qui exalte la femme au foyer.Les bus de Téhéran, bondés de «tchadori» allant au travail entassées à l’arrière — les hommes sont à l’avant —, témoignent d’une société écartelée entre l’image de la femme traditionnelle et les profondes mutations de l’Iran moderne.Dix-huit ans après la révolution islamique, l’âge moyen du mariage des femmes...