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Actualités - Chronologie

Les expos de la semaine

Joseph Chahfé expose une quinzaine d’œuvres à la Galerie Janine Rubeiz (Raouché) jusqu’au 4 juin. Les mixed-média de Chahfé envahissent des toiles de grande dimension (1,5m x 1,5m en moyenne). La technique est originale et les couleurs dans les tons sable, ocre, rougeoyant évoquent la terre. Joseph Chahfé formé à Montréal, travaille la matière avec les mains, inlassablement. «La toile c’est la relation entre moi et l’humain. Je m’inspire des murs, des portes, des mythes et des cultures... surtout celles de l’Amérique du Sud» explique-t-il. Sa peinture abstraite est le résultat d’une recherche assidue. «Dans mes toiles je ramène la vérité à sa source» dit-il. Son but, la sortir de son carcan, de toute «la moralité sociale» dans laquelle elle est engoncée... «La vérité c’est la pureté de l’homme. Elle est variable selon le lieu, le temps et l’environnement».
Pour pimenter l’exposition, Chahfé présente une vidéo de 11 minutes. Le torse d’un homme qu’il campe lui-même, occupe le bas de l’écran; des images défilent se superposant à ce buste. Illustration de l’homme d’aujourd’hui imprégné, bombardé d’images et d’événements. «Ce film est un hommage à Georges Orwell et à son «1984». J’y dénonce la manipulation de la pensée dont nous sommes tous victimes» proclame-t-il. «Nous nous dirigeons vers une fausse liberté, c’est-à-dire que tant que nous nous situons dans les limites imposées par l’ordre établi, nous sommes libres. Au-delà, tombe le couperet...»
C’est le même concept qui unit les toiles et le film: toux deux s’axent autour d’une quête de vérité.

Rabiha Shawaf Eleftériades expose pour la première fois au Liban à la galerie Matignon (Sin el-Fil). Ses portes aux arcades ouvragées et ses paysages grecs sont nimbés d’une luminosité toute méditerranéenne. Vingt-trois huiles et autant de gouaches font exploser les couleurs.
La perspective avec laquelle elle les a dessinées donne de la profondeur à ses portes, entrouvertes ou fermées. Architecte d’intérieur et paysagiste, installée à Athènes depuis plus de 25 ans, Rabiha a participé à quelques expositions collectives dans sa ville d’adoption. «Opsis, signifie point de vue» explique-t-elle, au sujet du titre de son exposition. «C’est également les deux faces d’une médaille, à l’image des deux cultures dont je m’inspire, la libanaise et la grecque».
Les toiles de Rabiha Shawaf Eleftériades occupent les cimaises de la galerie Matignon jusqu’au lundi 26 mai.

Le Goethe Institut (Manara, Beyrouth) expose les œuvres de Rudy Rahmé sur le thème «La main», jusqu’au mercredi 28 mai. Fusains et sculptures se mêlent pour rendre hommage à la main, « ce miroir de l’âme». On peut ainsi voir la main, expression d’une multitude de sentiments: la liberté, tentant de s’extraire d’une prison de pierre et de bois; la solitude, enlaçant deux genoux... sans oublier son pouvoir créateur. Tantôt humaine tantôt divine, la main donne naissance à un corps... La technique du fusain avec fresque sur toile mise au point par Rudy Rahmé a été brevetée à Florence. Ses traits noirs reproduisent avec une étonnante exactitude le mouvement des doigts qui s’entrecroisent et des paumes, creusets de vie...


Pourquoi la main? «D’abord, la gestuelle manuelle est toujours l’exact reflet de l’état d’esprit dans lequel nous nous trouvons» explique l’artiste. «Ensuite, il ne faut pas oublier la symbolique de la main dans l’histoire: elle est symbole d’autorité paternelle; elle signifie également le don. Si on l’enchaîne, c’est la liberté qu’on musèle...».

Rudy Rahmé est intarissable sur le sujet. «La main, c’est le mouvement continu de la vie. C’est la parcelle de nature en nous: elle est à la fois monts et vallées, le temps y passe avec ses lignes...»
Il va jusqu’à souhaiter... une Journée mondiale de la main. Une idée qu’on peut applaudir... à deux mains.

La galerie Station des Arts (Badaro) présente les calligraphies de Sami Burhan jusqu’au jeudi 29 mai. Né à Alep en 1929, Sami Burhan est initié à la calligraphie arabe par Hussein Housni. Vivant en Italie depuis 1963, il expose à Beyrouth pour la seconde fois. Ses œuvres ont orné les cimaises de nombreux musées européens. Une d’elles, «Non à la drogue» a obtenu le premier prix aux Nations Unies et le dessin a été adopté comme logo pour un autocollant de la lutte contre la drogue.
Ses écritures, aquarelles et mixed-média sont nimbées de soleil. Le mouvement de ses lettres est aussi riche en couleurs qu’en circonvolutions... «Allah Akbar» (Dieu est grand), «Salam» (paix), «Innama al a’mal bi niyat» (l’intention précède l’action), «Oummi» (ma mère) «Mohammad», «Mariam», «Al oummou madrassat» (la mère est une leçon)... autant de sujets dont il rehausse la beauté du sens par l’esthétique de la forme...

La galerie World of Art (Ramlet el-Baïda) offre l’espace de ses murs blancs aux œuvres de Pierre Cayol. Peintre suisse né en 1946 à Neuchatel, Cayol expose à Beyrouth pour la première fois. Une rétrospective de toiles de format réduit exécutées depuis 1974. Du soleil partout et des couleurs chaudes. Les assemblages chromatiques se font en puzzle ou par petits bouts de forme géométrique... «En créant je réponds à un besoin impérieux» dit-il. «Je ne prends aucun engagement. Mon but est de procurer du plaisir à ceux qui regardent mes toiles; mais aussi d’en ressentir. Le plaisir de communiquer quelque chose d’esthétique, de beau»... Une série d’écritures présente, par ailleurs en noir et blanc, une calligraphie originale en encre de Chine...
Jusqu’au 25 mai.
Joseph Chahfé expose une quinzaine d’œuvres à la Galerie Janine Rubeiz (Raouché) jusqu’au 4 juin. Les mixed-média de Chahfé envahissent des toiles de grande dimension (1,5m x 1,5m en moyenne). La technique est originale et les couleurs dans les tons sable, ocre, rougeoyant évoquent la terre. Joseph Chahfé formé à Montréal, travaille la matière avec les mains, inlassablement. «La toile c’est la relation entre moi et l’humain. Je m’inspire des murs, des portes, des mythes et des cultures... surtout celles de l’Amérique du Sud» explique-t-il. Sa peinture abstraite est le résultat d’une recherche assidue. «Dans mes toiles je ramène la vérité à sa source» dit-il. Son but, la sortir de son carcan, de toute «la moralité sociale» dans laquelle elle est engoncée... «La vérité c’est la pureté de...