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Actualités - Chronologie

L'opposition réelle interpelle l'opposition officielle

PARIS, 14 Mai (Reuter). — Une coordination hétéroclite d’associations, de militants associatifs ou syndicaux ainsi que d’intellectuels a annoncé qu’elle allait interpeller les partis de gauche institutionnels à l’occasion de la campagne pour les élections législatives.
«Il s’agit d’investir le débat électoral et d’obtenir que la gauche officielle se prononce enfin clairement sur sa volonté de résister aux logiques économi ques, sécuritaires et discriminatoires», explique le mouvement «Nous sommes la gauche», dans un texte de présentation.

Cette coordination qui affirme incarner la «gauche réelle» regroupe une quarantaine d’associations — des Sans-Papiers de Saint-Bernard à Act-up en passant par le Syndicat de la magistrature, le Mouvement français pour le planning familial, la Pastt (Pévention action santé auprès des transsexuels et travestis) ou les «Sourds en colère».

Plusieurs dizaines de militants d’associations de chômeurs, de mal-logés, des syndicalistes, des artistes ou des intellectuels ont rejoint le mouvement à titre personnel.
La plupart s’étaient déjà retrouvés au coude-à-coude au début de l’année pour dénoncer le projet de loi Débré sur l’immigration.
«Notre dynamique entend être un plateau de problèmes sociaux et forcer les partis de gauche à les regarder», a expliqué, lors d’une conférence de presse, Jean-Pierre Alaux, du Gisti, une association de défense des immigrés.
«Nous n’avons pas seulement des propositions à donner à la gauche, mais un panier bien garni de revendications», a-t-il poursuivi.
Porte-parole des Sans-Papiers de Saint-Bernard, Ababacar Diop a précisé que si «l’espoir» de la coordination était une victoire de la gauche aux élections des 25 mai et 1er juin, il n’était pas question de lui donner «un chèque en blanc».

Manifestations

Le mouvement a adressé un courrier à chacun des leaders des formations de gauche «institutionnelles» — Lionel Jospin pour le Parti socialiste, Robert Hue pour le Parti communiste, Jean-Pierre Chevènement pour le Mouvement des citoyons et Dominique Voynet pour les Verts.
Mais d’autres «moyens de pression» sont déjà prévus.
La coordination appelle à une manifestation au départ de la gare de l’Est, à Paris, samedi. Dimanche débutera un «forum» au cours duquel les participants listeront les «exigences» qu’ils entendent formuler le lendemain devant les «représentants représentatifs» des partis de gauche qui auront accepté leur invitation.
«Il n’est pas question de dresser un catalogue, le but n’est pas de construire un contre-programme alternatif, mais de forcer les partis de gauche à retrouver leur utilité démocratique représentative», ont expliqué les initiateurs du mouvement qui n’ont pas caché, pour certains, avoir été «déçus» par l’expérience de la gestion socialiste au pouvoir.
La «gauche réelle» veut analyser précisément les programmes des uns et des autres, y compris dans ce qui n’y figure pas car, disent-ils, «dans cette campagne électorale, les partis utilisent la technique du mensonge par omission».
Si la liste des revendications reste à dresser, quelques «exigences» ont déjà été formulées.
Ababacar Diop a affirmé qu’une des «exigences absolues» portait sur l’engagement par la gauche, en cas de victoire, de «régulariser tous les sans-papiers» dès son arrivée au pouvoir. Philippe Mangeot a réclamé, pour Act-up, «la légalisation de l’usage des drogues», seul moyen selon lui de combattre le sida chez les toxicomanes.
Jean-Claude Bouvier, président du Syndicat de la magistrature, a pour sa part souhaité des engagements précis sur l’indépendance de la justice.
Le mouvement a prévenu que son combat ne cesserait pas au lendemain du deuxième tour des élections, et qu’il nourrirait à l’avenir le «rapport de forces» qu’il veut instaurer avec les partis de gauche, qu’ils soient ou non au gouvernement.
PARIS, 14 Mai (Reuter). — Une coordination hétéroclite d’associations, de militants associatifs ou syndicaux ainsi que d’intellectuels a annoncé qu’elle allait interpeller les partis de gauche institutionnels à l’occasion de la campagne pour les élections législatives.«Il s’agit d’investir le débat électoral et d’obtenir que la gauche officielle se prononce enfin clairement sur sa volonté de résister aux logiques économi ques, sécuritaires et discriminatoires», explique le mouvement «Nous sommes la gauche», dans un texte de présentation.Cette coordination qui affirme incarner la «gauche réelle» regroupe une quarantaine d’associations — des Sans-Papiers de Saint-Bernard à Act-up en passant par le Syndicat de la magistrature, le Mouvement français pour le planning familial, la Pastt (Pévention...