Lorsque son délégué général, Gilles Jacob, a présenté une première épreuve de cette sélection, le 22 avril dernier, la compétition comportait 19 films.
Elle en comptera finalement vingt, qui s’affronteront du 7 au 18 mai. «Le Destin», de l’Egyptien Youssef Chahine, et «Le baiser du serpent», du Français Philippe Rousselot entrent en lice pour la Palme d’Or.
Ils occupent les deux créneaux qui étaient restés ouverts pour l’Iranien Abbas Kiarostami («Le goût délicieux de la cerise») et Constantin Costa Gavras («Mad City»).
«Enfin, la projection de «Keep Coll», de Zhang Yimou, ne pourra avoir lieu, la copie n’étant pas disponible», signale le festival dans un communiqué. «Je n’ai rien de plus à ajouter», a déclaré l’attaché de presse du film.
Mais de source cinématographique chinoise, on a affirmé que les autorités de Pékin ont interdit au cinéaste de venir présenter son film sur La Croisette. Zhang Yimoun n’avait pu de même défendre «Vivrel» à Cannes en 1994. Le film remporta le Grand Prix du jury, ex aequo avec «Soleil trompeur», du Russe Nikita Mikhalkov.
«Le cinquième élément», de Luc Besson, fera bien l’ouverture du festival mais sera projeté hors-compétition.
«La violence est très présente à Cannes cette année», avait déclaré Gilles Jacob le mois dernier. Epoque oblige, avait-il ajouté, tout en observant que le comité de sélection avait fait son possible pour éviter une «accumulation de sang» qui rendrait vite la manifestation «insupportable».
La sélection ne propose aucun film qui, a priori, soit attendu comme un événement. La bonne surprise peut venir de Wim Wenders, dont on ne sait pas grand chose du dernier film, «The End of the Violence», un thriller qui sera tout juste prêt à temps.
Reflet du monde
d’aujourd’hui
«Le festival suit actuellement une politique de renouvellement des générations», explique Gilles Jacob. «Nous cherchons des films d’auteur à vocation populaire et cette politique s’impose d’elle-même, puisque la plupart des «grands» sont morts ou ne sont plus en exercice», ajoute-t-il
«Nous sommes dans une période charnière où tout un plan du cinéma mondial doit être renouvelé», dit-il encore.
Politique mise en pratique cette année, puisque si l’Italie est représentée par des figures historiques telles que Francesco Rosi («La Trêve») et Marco Bellocchio («Le Prince de Hombourg»), quatre premiers films sont également engagés dans la bataille, dont ceux des acteurs Johnny Depp («The Brave») et Gary Oldman («Nil By Mouth»).
«On a préféré pour notre part des films qui sont surtout le reflet du monde d’aujourd’hui; les cinéastes redécouvrent le tragique au sein du monde moderne», justifiait Jacob, lors de la conférence de presse d’avril.
Une vague de stars doit déferler sur La Croisette, en raison notamment de l’attribution, le 11 mai, de la Palme des Palmes. Cette distinction sera décernée par un collège de 35 cinéastes «palmés» à un grand réalisateur qui n’a jamais reçu le trophée. Le lauréat est Ingmar Bergman, qui ne viendra pas à Cannes.
Pour l’occasion seront, en revanche, présents des réalisateurs tels que Michelangelo Antonioni, Francis Ford Coppola, David Lynch ou encore Martin Scorcese et Quentin Tarantino. Ils seront accompagnés entre autres stars par Robert de Niro, Kim Basinger, Michael Jackson, Monica Vitti, Bruce Willis, Gina Lollobrigida ou encore Claudia Cardinale.


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