Habitués à l’imprévisibilité des autorités chinoises, qui ne se sont pas privées par le passé d’annuler des signatures de contrat à la dernière minute, les milieux gouvernementaux français observaient lundi la plus grande prudence sur les chances des entreprises françaises.
Le secteur
aéronautique
«Tout est encore en discussion», soulignait-on de source gouvernementale, à deux jours du départ du président Chirac qui sera accompagné de près de 60 patrons, à laquelle ne manque aucun grand nom de l’industrie et de la finance.
Depuis des mois, plusieurs grands dossiers sont en négociations, en particulier dans l’aéronautique qui représente 12% des exportations françaises à la Chine. Airbus a marqué des points en Chine face à Boeing, longtemps omniprésent sur ce marché, et le consortium pourrait vendre une trentaine d’A-320.
Toutefois, Jacques Chirac vient en Chine après le vice-président américain Al Gore qui a décroché 5 commandes de Boeing 777 en mars dernier (685 millions de dollars). Dans les milieux gouvernementaux français, on préfère donc afficher une fourchette très large pour prévenir toute déception: «Nous comptons sur dix à cinquante appareils», affirme-t-on. L’an dernier, Airbus avait remporté un contrat d’1,5 milliard de dollars lors de la visite du premier ministre chinois Li Peng en France, avec la vente de trente A-320.
Jusqu’à la dernière minute, Li Peng avait laissé planer le suspense. Mécontent d’une manifestation pour la défense des droits de l’homme en plein Paris, il était arrivé avec deux heures de retard à la cérémonie de signature.
Lors de cette visite, la Chine avait aussi paraphé une lettre d’intention pour un partenariat avec les industriels européens (Aérospatiale, Alenia, British Aerospace) en vue de la réalisation d’un avion de 100 places.
Jacques Chirac espère faire avancer ce dossier, avec peut-être un nouvel accord-cadre précisant le projet, dorénavant placé sous l’égide d’Airbus. Mais les discussions sont très dures avec les Chinois notamment sur la taille exacte de l’avion et les normes de construction que les Européens souhaitent totalement conformes à leurs propres certifications.
Enfin, toujours dans l’aéronautique, l’avion de transport régional (ATR-42) pourrait bientôt faire son apparition dans le ciel chinois avec la vente de quelques appareils et la signature d’un accord de coopération.
Le secteur
énergétique
Les Français ont aussi quelques espoirs dans le domaine énergétique, notamment une centrale dans le Shandong (est) pour GEC-Alsthom. Ils s’intéressent à la construction d’un grand barrage (celui des trois gorges dans le centre du pays) pour lequel GEC-Alsthom est candidat. Le contrat (turbines et alternateurs) est considérable: 4,5 milliards de FF. Mais les discussions paraissent loin d’être achevées.
Finances et
transports
Enfin, les Français espèrent marquer quelques points dans les services financiers, avec une licence pour l’assurance-vie pour le groupe Axa-UAP qui serait ainsi la première société d’assurances françaises à entrer sur le marché chinois. Les banques françaises attendent aussi des autorisations pour ouvrir de nouvelles succursales et travailler en monnaie chinoise.
Pour le reste, ce sera la surprise. Les Chinois peuvent choisir de faire une fleur au président français: en signant par exemple avec lui un mémorandum sur la construction de la troisième ligne de métro de Shanghaï, un gros contrat qui intéresse GEC-Alsthom.


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