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Actualités - Chronologie

L'UEO en proie aux divisions internes

BRUXELLES, 11 Mai (AFP). — Les ministres des Affaires étrangères et de la Défense de l’Union de l’Europe occidentale (UEO) se réunissent mardi à Paris, alors que l’organisation apparaît de plus en plus prisonnière de son processus décisionnel et de l’avenir du traité de Maastricht.
Cette session semestrielle, tenue sous présidence française, devrait permettre l’adoption de plusieurs documents renforçant les relations de l’UEO avec l’Union européenne et l’OTAN, deux instances entre lesquelles la seule organisation européenne de défense aspire à jouer un «rôle charnière».
En dépit du développement récent de ses capacités opérationnelles, qui la qualifie aujourd’hui pour mener une mission militaire de plusieurs milliers d’hommes, l’UEO, toujours en quête de crédibilité, vient de manquer avec l’Albanie un rendez-vous important.
Dans ce pays, «l’UEO n’a pas été appelée à jouer son rôle», admet son secrétaire général, le Portugais José Cutileiro. «On peut le regretter», ajoute-t-il, en assurant que l’organisation «aurait été capable» de prendre en charge les 6.300 hommes de la force Alba déployée sur le sol albanais.
L’UEO, créée pendant la guerre froide et ne fonctionnant qu’à l’unanimité de ses dix membres (Allemagne, Belgique, France, Grande-Bretagne, Pays-Bas, Luxembourg, Italie, Espagne, Grèce, Portugal), n’a pas su aboutir au consensus requis, en raison d’une opposition de Londres et de Bonn.
«Pas trop loin, pas trop compliquée, pas trop dangereuse: l’Albanie, c’était l’opération idéale pour l’UEO», regrette un diplomate. Maigre consolation: l’organisation vient de décider d’envoyer dans ce pays 20 policiers pour conseiller ce qui reste de forces de l’ordre locales.

“L’abstention
constructive”

Pour éviter qu’une telle situation ne se reproduise, certains imaginent de plus en plus ouvertement une modification du processus décisionnel. Avec une règle instituant l’«abstention constructive» dans des opérations de maintien de la paix, l’UEO dirigeait la force Alba, estiment ainsi des diplomates.
Pour asseoir sa légitimité dans le nouveau paysage de la sécurité européenne, dans lequel l’OTAN est en train de se tailler la part du lion, l’UEO devra aussi voir clarifiée sa place institutionnelle. Mais comme pour l’Albanie, l’organisation européenne souffre d’un grave déficit de volonté commune de ses membres.
D’un côté, un groupe de pays emmenés par la France et l’Allemagne veut conduire l’UEO à la fusion avec l’UE. De l’autre, la Grande-Bretagne, appuyée par les neutres de l’UE, «qui refusent toute militarisation de l’UE», s’y oppose pour conserver deux organisations indépendantes et ne pas risquer une perte de souveraineté dans le domaine de défense.
L’arrivée au pouvoir des travaillistes ne changera pas à court terme la position britannique. «La Grande-Bretagne reste intransigeante et il n’y a aucune différence entre les politiques de Tony Blair et de John Major» en matière de défense, dit un diplomate.

Condamnée à
attendre son
heure longtemps

Dès lors, quel compromis trouver à l’issue, les 16 et 17 juin à Amsterdam, de la conférence intergouvernementale de révision du traité de Maastricht? A un mois de l’échéance, peu de diplomates se risquent encore à l’imaginer. Il n’y aura aucune décision «spectaculaire», a prédit M. Cutileiro.
Faute d’ambition commune de ses membres pour répondre aux crises actuelles et définir son avenir, la seule organisation européenne de défense semble condamnée à attendre son heure encore longtemps.
L’OTAN, emmenée par les Etats-Unis, profite de la faiblesse de l’UEO. En juillet, elle invitera pour la première fois plusieurs pays est-européens à la rejoindre, étendant encore davantage sa main-mise sur la sécurité européenne.
BRUXELLES, 11 Mai (AFP). — Les ministres des Affaires étrangères et de la Défense de l’Union de l’Europe occidentale (UEO) se réunissent mardi à Paris, alors que l’organisation apparaît de plus en plus prisonnière de son processus décisionnel et de l’avenir du traité de Maastricht.Cette session semestrielle, tenue sous présidence française, devrait permettre l’adoption de plusieurs documents renforçant les relations de l’UEO avec l’Union européenne et l’OTAN, deux instances entre lesquelles la seule organisation européenne de défense aspire à jouer un «rôle charnière».En dépit du développement récent de ses capacités opérationnelles, qui la qualifie aujourd’hui pour mener une mission militaire de plusieurs milliers d’hommes, l’UEO, toujours en quête de crédibilité, vient de manquer avec...