Dans la plus grande discrétion — puisque le courrier échangé entre les organisateurs et l’administration de l’hôpital portait la mention «CONFIDENTIEL» — l’HDF est sur le pied de guerre depuis 15 jours que durent les préparatifs et l’organisation de la sécurité médicale du pape pour son séjour libanais. Deux ambulances ont été transformées en SAMU (unité de réanimation mobile ou mini-hôpital équipé de façon très sophistiquée de tout le matériel nécessaire pour une réanimation adéquate à toute situation, et notamment des unités du groupe sanguin du Saint-Père) avec quatre équipes formées chacune de deux médecins et de deux infirmières du service d’anesthésie — réanimation, qui se relayent jour et nuit. Un des deux SAMU fait partie du convoi papal en déplacement, tandis qu’un autre assure une permanence au lieu où se trouve Sa Sainteté.
A l’HDF, une chambre est réservée aux soins intensifs et une autre pour la cardiologie. D’autre part, tous les chefs de service sont mobilisés. «Nous sommes parés et prêts à toute éventualité. Nous espérons cependant que le Saint-Père se passera de nos services», déclare le Dr Marie-Claire Antakly, chef du service anesthésie-réanimation, chargée de l’opération, en contact permanent avec les équipes sur le terrain.
Suivant avec intérêt l’arrivée du pape sur le petit écran, Joe Otayek, directeur de l’HDF, interroge: «Qu’est-ce que le stress peut provoquer chez un homme comme lui?» Il est, semble-t-il, plus solide que nous», répond spontanément M.C. Antakly. «C’est nous qui sommes stressés en ce moment». Quelle impression a-t-elle de s’occuper de la sécurité médicale du chef de l’Eglise catholique? «A part l’émotion et la responsabilité, il y a quelque chose de mystiqudans ce que nous faisons»... Un appel du SAMU qui vient d’arriver à Bkerké et qui passera la nuit dans les environs interrompt la conversation. Tandis que les jeunes de l’équipe qui vient de rentrer racontent, eux, avec force détails et enthousiasme, la traversée AIB-Baabda et surtout ce moment qu’ils ont vécu, loin de la foule, avec le Saint-Père les bénissant au bas de l’hélicoptère qui devait l’emmener à Bkerké. Fin de mission.
M.C.


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