Alors que les combats faisaient rage à l’est de la capitale, le président zaïrois Mobutu Sese Seko discutait à Libreville avec cinq autres chefs d’Etat d’Afrique centrale de la possibilité d’une issue «politique et négociée».
La rébellion, qui selon son «ministre» de l’Information Raphael Ghenda, se serait emparé mardi sans combattre de Bandundu, la capitale provinciale, est entrée mercredi après-midi dans Kenge, dernier «verrou» stratégique avant Kinshasa, au terme de très violents combats, mais y rencontre une vive résistance des Forces armées zaïroises (FAZ).
Selon une source diplomatique à Kinshasa, les troupes rebelles, qui ont perdu 85 hommes à Kenge, contre 15 tués dans les rangs des FAZ, se trouvaient jeudi encerclées dans la ville par les forces gouvernementales. Les organismes humanitaires avaient fait état mercredi de la mort de quelque 200 civils à Kenge.
Des «soldats parlant anglais et portugais», des Rwandais et des Angolais, figurent parmi les rebelles, selon la source diplomatique à Kinshasa. Selon une source à Kananga (centre), des avions angolais ont atterri jeudi dans cette capitale provinciale conquise par les rebelles à la mi-avril, pour y amener du renfort.
La réunion qui s’est ouverte jeudi matin à Libreville comprend, outre M. Mobutu, les présidents gabonais Omar Bango, congolais Pascal Lissouba, centrafricain Ange-Félix Patassé, équato-guinéen Teodoro Obiang Nguema et tchadien Idriss Deby, ainsi que le ministre camerounais des Affaires étrangères, Ferdinand Oyono.
Selon le ministre zaïrois de l’Information Kin-Kiey Mulumba, le maréchal Mobutu, dont le départ avait été mercredi comparé par les Kinois à une fuite déguisée, regagnera la capitale jeudi ou vendredi. Le ministre a également annoncé l’expulsion de cinq journalistes étrangers à Kinshasa, en les accusant de rendre compte de la crise au Zaïre, en particulier des combats, de façon tendancieuse.
L’émissaire spécial américain, Bill Richardson, a de son côté estimé à Paris que les prochains jours seront «critiques pour la paix» au Zaïre, en estimant qu’il existe une «forte probabilité» pour une deuxième entrevue entre le maréchal Mobutu et Laurent-Désiré Kabila, qui s’étaient rencontrés dimanche sur le navire sud-africain Outeniqua.
La France et les Etats-Unis ont réaffirmé que leur «objectif était une solution politique» au conflit zaïrois, au cours d’un entretien entre M. Richardson et des responsables français, selon un porte-parole des Affaires étrangères françaises, qui a ajouté qu’un éventuel exil en France du président Mobutu n’est «pas d’actualité».
Quant au vice-président sud-africain Thabo Mbeki, il devait tenter de rencontrer jeudi M. Mobutu au Gabon, après avoir discuté de la crise zaïroise à Dar es Salaam avec le président tanzanien Benjamin Mkapa, et avant de partir vendredi, selon la rébellion, pour Lubumbashi (sud-est du Zaïre) rencontrer M. Kabila.


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