Susceptibilités locales et affrontements internes à chaque parti sont à l’origine de la plupart de ces coups de tête qui menacent la majorité présidentielle, selon les dirigeants des partis gouvernementaux.
La coalition de centre-droit sortante, Rassemblement pour la République (RPR, gaulliste) et Union pour la démocratie française (UDF, droite libérale), n’a pu empêcher une quarantaine de primaires «sauvages», après en avoir accepté officiellement quatre en présentant les listes de candidats il y a une semaine.
L’UDF a exclu de ses rangs onze des candidats dissidents qui se présentent contre des candidats investis par la majorité, tandis que trois candidats RPR dissidents ont été exclus du mouvement gaulliste et une candidate s’est «mise d’elle - même hors du RPR».
D’autres sanctions pourraient suivre si ces candidats «sauvages» ne répondaient pas à «un appel à la responsabilité» lancé à leur adresse par Jean-François Mancel, secrétaire général du RPR, et Jean-Claude Gaudin, président de la commission d’investiture de l’UDF.
Dès avant la clôture du dépôt des candidatures dimanche à minuit, l’UDF a averti qu’elle «sanctionnerait sévèrement» ses francs-tireurs.
Indécision et abstention
Ceux-ci «portent une très lourde responsabilité. Ils risquent de mettre en cause la victoire de la majorité présidentielle et, par conséquent, l’avenir de la France et des Français», a souligné la fédération.
Un des accrocs les plus symboliques à l’union de la majorité se situe dans le centre de la France, en Indre-et-Loire, où une candidate gaulliste, Michèle Beuzelin, s’est lancée dans la bataille contre le candidat investi, Renaud Donnedieu de Vabres. Celui-ci n’est autre que le chef de cabinet du président de l’UDF François Léotard, et codirecteur de la campagne de la majorité.
Une autre candidature sensible pourrait favoriser le Front national (extrême droite), arrivé en deuxième position en 1993 à Perpignan (sud), dont le maire centriste, jean-Paul Alduy, s’oppose au député RPR sortant investi par la majorité, Claude Barrate.
Un candidat «sauvage», Jean-François Pernin, est menacé d’exclusion de l’UDF s’il ne se retire pas à Paris, où sur les 19 circonscriptions tenues par le RPR et l’UDF, 9 sont menacées par le Parti socialiste. Deux ministres du gouvernement du Premier ministre Alain Juppé, Corinne Lepage (Environnement) et Anne-Marie Couderc (Emploi) ont jeté leur poids dans la balance pour contrer les retombées d’un scandale de corruption, dans lequel est inculpé le maire gaulliste de la capitale, Jean Tiberi.
La préoccupation de la droite est d’autant plus vive que son avance sur la gauche se rétrécit, selon les derniers sondages. L’écart ne concernerait plus qu’entre 14 et 34 sièges sur les 577 de l’Assemblée nationale, dont la droite contrôlait les quatre/cinquièmes.
Les précédentes enquêtes, depuis l’annonce des élections anticipées le 21 avril, situaient l’écart entre 40 et 100 sièges, toujours au bénéfice de la majorité sortante.
Cette inquiétude est exacerbée par un taux important d’indécis, 37%. La droite craint, en effet, une forte abstention d’un électorat désenchanté et un vote-sanction des déçus de l’action du gouvernement mis en place par le président Chirac après son élection en mai 1995.


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