En inscrivant le 1er Mai au calendrier officiel des célébrations nationales, l’Etat libanais met fin à une équivoque que personne, (et d’abord le monde du patronat lui-même), n’avait intérêt à prolonger. La Fête du Travail ne peut pas être une Fête antinationale. La Fête du Travail n’est pas la Victoire du Désordre et de la Subversion. Les démocraties les plus réactionnaires l’avaient depuis longtemps compris, quand nos gouvernants, épouvantés à la seule idée d’une «prise de conscience» des masses, pensaient encore que le salut de la patrie exigeait que l’on tirât, à tous les coups, sur tous les rassemblements. Peut-on espérer que cette date marque une orientation nouvelle de notre politique sociale – et un changement dans la mentalité des sérails? Verrons-nous enfin cesser cette tension dramatique qui, moins encore au Liban peut-être que dans tous les Etats du Proche-Orient, ne fait que s’accroître entre les classes dirigeantes et le syndicalisme ouvrier? La psychose du péril communiste a conduit depuis 10 ans nos gouvernants à de singulières aberrations. Sous le prétexte du «noyautage moscoutaire», nous avons vu les forces de l’ordre tirer sur les étudiants, sur les chômeurs. Le péril de ce sous-mac-carthysme, qui manifeste ici toute sa sanglante imbécillité, on le voit très bien. Au lieu d’admettre une existence officielle de l’organisation syndicaliste, et de l’intégrer à l’ordre national, le résultat de cette persécution officielle est que l’on a rejeté la plupart des ouvriers dans l’action clandestine – et qu’on livre à l’exploitation de quelques démagogues sinistres toute une jeunesse écœurée. C’est à cet examen de conscience que doivent être conviés, s’il leur reste un peu de cervelle, nos hommes d’Etat – et ceux des pays voisins. Quelque exploitation qui en soit faite par les éléments d’extrême-gauche, il y a une revendication de justice sociale – il y a une légitime exigence – qui ne peut pas être impunément ignorée. Ce n’est pas dans l’abaissement de ses travailleurs qu’une nation peut grandir...
En inscrivant le 1er Mai au calendrier officiel des célébrations nationales, l’Etat libanais met fin à une équivoque que personne, (et d’abord le monde du patronat lui-même), n’avait intérêt à prolonger. La Fête du Travail ne peut pas être une Fête antinationale. La Fête du Travail n’est pas la Victoire du Désordre et de la Subversion. Les démocraties les plus réactionnaires l’avaient depuis longtemps compris, quand nos gouvernants, épouvantés à la seule idée d’une «prise de conscience» des masses, pensaient encore que le salut de la patrie exigeait que l’on tirât, à tous les coups, sur tous les rassemblements.Peut-on espérer que cette date marque une orientation nouvelle de notre politique sociale – et un changement dans la mentalité des sérails? Verrons-nous enfin cesser cette tension...
Iran - USA - Liban : tout peut changer en quelques heures.
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