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Actualités - Chronologie

Le mata rangi

TAHITI, 5 Mai (Reuter). – Cinquante ans après le «Kon Tiki», un autre bateau, le «Mata Rangi», s’est élancé à l’assaut du Pacifique Sud.
Le chef de l’expédition, le navigateur et aventurier espagnol Kitin Munoz, a précisé que son embarcation, faite de roseaux tressés, a été mise à l’eau après une messe célébrée sur la plage de Anakena, au nord de l’Ile de Pâques.
Il y a cinquante ans, le 28 avril 1947, Thor Heyerdahl quittait le port de Callao, au Pérou, sur un radeau en balsa à destination des îles polynésiennes.
Cet ethnologue norvégien voulait prouver, en navigant d’Est en Ouest, que le peuplement des îles des mers du Sud avait pu se faire depuis l’Amérique latine pré-colombienne.
Après 101 jours de mer, le «Kon Tiki» s’était fracassé sur les récifs de coraux de l’atoll de Raroia, aux Tuamotu.
Thor Heyerdhal estima alors avoir réussi à valider sa théorie. Le récit de son aventure rencontra un vif succès dans le monde entier.
La thèse de Heyerdahl n’a plus cours aujourd’hui. Les scientifiques ont en effet mis en évidence que le peuplement du «triangle polynésien» (Iles de Pâques, Hawaiï, Nouvelle-Zélande) était le fait de peuples venus d’Asie.
Kitin Munoz, dont l’expédition est parrainée par le roi Juan Carlos, veut démontrer pour sa part, en «fils spirituel de Thor Heyerdahl», que les Pascuans n’étaient pas isolés sur leur île et qu’ils pouvaient, même sans arbres, construire des embarcations leur donnant suffisamment d’autonomie pour rayonner dans le Pacifique.

Les yeux au ciel

Le «Mata Rangi», un bateau de 30 mètres de long, a été conçu avec des roseaux (les «totoras») coupés dans le lac du cratère du Maunga Terevaka, sur l’île de Pâques. Il pèse plus de 70 tonnes. Les voiles sont également en roseaux et le mât est en eucalyptus.
Ce sont des Indiens Aymaras, originaires du Lac Titicaca (partagé entre le Pérou et la Bolivie), qui ont tressé les roseaux: ils sont les seuls au monde à maîtriser cette technique.
Munoz naviguera aux côtés d’un équipage cosmopolite – deux Boliviens, un Hawaiien, deux Maoris néo-zélandais, deux Tahitiens et cinq ou six Pascuans.
Le prince des Asturies, le fils de Juan Carlos, a effectué les premiers milles nautiques à bord du «Mata Rangi» avant de regagner la terre ferme.
«Mata Rangi» signifie littéralement «yeux ciel» en polynésien et est une forme contractée de l’ancien nom de l’île de Pâques, «Mata ki te Rangi», les yeux qui regardent le ciel, en référence aux statues géantes dont les yeux de corail blanc et d’obsidienne noire semblent scruter les cieux.
Située à 27° de latitude sud dans le Pacifique, l’île n’est pas sur un courant d’Est en Ouest favorable à la navigation du «Mata Rangi». L’équipage compte dans un premier temps remonter au Nord entre les 17e et 20e parallèles pour trouver des vents et des courants portants qui devraient conduire le bateau dans l’archipel français des Gambier puis à Tahiti.
Kitin Munoz veut ensuite se rendre en Nouvelle-Zélande, via les Iles Cook, les Samoa et peut-être Fidji.
L’expédition jusqu’aux Gambier durera de 15 jours à deux mois, selon le capitaine tahitien du Mata Rangi, Teiki Pambrun.
A bord, les hommes se nourriront de riz, de poissons qu’ils pêcheront et de tubercules traditionnels.
TAHITI, 5 Mai (Reuter). – Cinquante ans après le «Kon Tiki», un autre bateau, le «Mata Rangi», s’est élancé à l’assaut du Pacifique Sud.Le chef de l’expédition, le navigateur et aventurier espagnol Kitin Munoz, a précisé que son embarcation, faite de roseaux tressés, a été mise à l’eau après une messe célébrée sur la plage de Anakena, au nord de l’Ile de Pâques.Il y a cinquante ans, le 28 avril 1947, Thor Heyerdahl quittait le port de Callao, au Pérou, sur un radeau en balsa à destination des îles polynésiennes.Cet ethnologue norvégien voulait prouver, en navigant d’Est en Ouest, que le peuplement des îles des mers du Sud avait pu se faire depuis l’Amérique latine pré-colombienne.Après 101 jours de mer, le «Kon Tiki» s’était fracassé sur les récifs de coraux de l’atoll de Raroia, aux...