Trente-six organisations de 25 pays ont répondu à l’invitation du Parti progressiste des travailleurs (AKEL) à ce forum tenu à Larnaca (Sud-Est) et qui a souligné la nécessité, après l’effondrement de l’URSS, d’une action commune face au «Nouvel ordre mondial» (NOM) sous «hégémonie des Etats-Unis».
Une tâche ardue avec des représentants de Partis communistes (France, Portugal, Italie, Allemagne) soucieux d’une nouvelle image après la «catastrophe», avec des PC nostalgiques de l’URSS (Russie, Arménie, Bulgarie, Hongrie, République tchèque) et des doctrinaires impénitents.
Ainsi, la délégation de Corée du Nord s’est-elle contentée d’un panégyrique de feu président Kim Il Sung et de l’affirmation que dans ce pays au bord de la famine «le peuple jouit d’un authentique bonheur» grâce à «son propre effort dans une société excellente et idéale».
«Ils vivent sur une autre planète», dit un délégué allemand.
Une résolution sur le problème chypriote a été adoptée à l’unanimité demandant notamment le «retrait rapide» de l’armée turque du tiers nord de Chypre qu’elle occupe depuis 1974 et préconisant la «démilitarisation complète» de l’île.
En préambule, et sur demande du PCF, il a été précisé que les signatures étaient «des partis communistes, socialistes et représentant un éventail plus large de gauche avec différentes approches idéologiques et politiques».
Si le néo-libéralisme, les dégâts sociaux du NOM et l’«outil» pour l’imposer, l’OTAN, sont dénoncés dans presque toutes les interventions de même que la future monnaie unique européenne, les avis divergent sur la riposte.
Un délégué du Parti socialiste (ex-PC) bulgare qui a perdu les élections en avril, recommande la «relecture des classiques, Marx, Engels et Lénine», ce qui doit confirmer selon lui que «le socialisme est beaucoup plus élevé que le libéralisme» car il va dans «le sens de l’histoire».
Un jeune délégué du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK, séparatiste turc) fustige «la déviation du socialisme soviétique depuis Krouchtchev», tandis que le représentant du PC russe toujours puissant fait grise mine.
Le PKK affirme aussi qu’à l’aide du «socialisme scientifique, il faut d’abord créer l’homme nouveau capable de créer le socialisme». Ce que le représentant du PCF qualifie en privé de «cauchemar». «C’est pire que Pol Pot», le sanguinaire maître communiste du Cambodge (1976-1979), estime le délégué du Parti socialiste néerlandais.
Parmi les partis représentés à Larnaca, sept sont actuellement au pouvoir dans leur pays: Corée du Nord, Cuba, Grèce (PASOK, socialiste), Italie (PDS, centre-gauche), Syrie (Baas), Yougoslavie et Vietnam.


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