«The Last Party: Studio 54, Disco and the Culture of the Night» (La dernière fête), montre en bonne place dans toutes les librairies de la ville sa couverture argent ornée de photos de Warhol, Liza Minnelli et du couturier Halston.
Parallèlement au lancement du livre dû à un journaliste new-yorkais, une exposition de photos des «Créatures de la nuit» s’ouvrait dans une galerie du quartier de Soho, et les spectateurs font la queue pour voir «Pin Flamingos», le film culte de John Waters dans lequel le travesti Divine tente d’être «la personne la plus immonde sur terre», ressorti à l’occasion de son 25e anniversaire.
Cette nostalgie semble alimentée par le «nettoyage» de New York, et singulièrement Manhattan, devenue une ville plus propre et plus sûre, où Disney, s’implante massivement au grand plaisir de la classe moyenne qui s’y installe de nouveau, quittant les banlieues.
Le maire «Rudy Giuliani, qui a déclaré une guerre sans merci aux crimes contre la qualité de la vie, veut faire de Manhattan un endroit aussi aseptisé et propre à la vie de famille que (…) le nouveau Las Vegas», explique l’auteur du livre, Anthony Haden-Guest.
La dernière partie de son ouvrage est d’ailleurs consacrée à la chute du «roi» des nuits new-yorkaises des années 1990, Peter Gatien, inculpé récemment pour un vaste trafic de drogue et pour fraude fiscale.
Lampes
hmaines
M. Haden-Guest estime également que le passage de la cocaïne et de l’alcool au MDMA (dit «speed») et au Special K, un anesthésiant vétérinaire, comme drogues de prédilections des noctambules a tué l’atmosphère. Certaines des photos qu’il publie, montrant Margaux Hemingway, Truman Capote ou Mick Jagger totalement hébétés, ne semblent pourtant guère montrer de changement dans les comportements.
«Studio 54» n’était pas un club comme les autres, selon M. Haden-Guest. «Il occupe un coin d’Histoire», écrit-il.
«C’était le seul club où vous pouvez avoir des rapports sexuels», a assuré à l’auteur le prince Egon von Furstenberg, l’un des piliers de l’endroit.
Le livre se lit comme un amusant carnet mondain où l’on retrouverait Bianca Jagger (mentionnée 20 fois!), Margaret Trudeau, Truman Capote, Gloria Swanson, Rudolf Noureev et bien sûr Donna Summer et Diana Ross, la musique du moment étant le disco.
«The Last Party» est moins convaincant lorsqu’il examine le passé plus récent et l’état de la vie nocturne new-yorkaise.
«Ce qu’il révèle, c’est à quel point son approche du style «La vie des gens riches et célèbres» est démodée s’agissant des clubs d’aujourd’hui», commentait l’hebdomadaire culturel «Village Voice».
M. Haden-Guest semble en effet moins à l’aise avec les «club kids» qui arpentent la nuit new-yorkaise comme avec les «sex-clubs» qui, quoiqu’en dise le prince de Furstenberg, n’ont pas fermé.
«Les lampes humaines qui éclairaient si bien la vie nocture new-yorkaise (…) ont disparu», estime-t-il.
L’inauguration de l’exposition de photos fut en effet cruelle pour le monde que décrit M. Haden-Guest. La chanteuse Gloria Gaynor a gagné tant de poids qu’elle devait s’identifier, les jeunes visiteurs ne pouvant la reconnaître sur des photos prises il y a vingt ans.
En outre, les principaux sujets de l’exposition sont morts, souvent du sida comme Steve Rubell, le patron du «Studio 54».


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