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Actualités - Chronologie

Le vin sur ordonnance

BORDEAUX (France), 2 Mail (AFP). — le vin bientôt délivré sur ordonnance en pharmacie? Soulignant le côté «plaisir» du breuvage pour balayer cette perspective, les professionnels de la viticulture font valoir cependant que les arguments «santé» dopent les ventes, et les exportations, du rouge.
«La multiplication des études expliquant que la consommation modérée de vin rouge est bonne pour la santé arrange bien les producteurs», reconnaît Louis-Régis Affre, chef de la Fédération française des exportateurs de vins et spiritueux. Interrogé par le journal «Libération», il se félicite de voir que «l’amateur raisonnable de vin rouge est non seulement déculpabilisé, mais encouragé dans son penchant».
De nombreuses études, consacrées ces dernières années au «paradoxe français», ont constaté que les habitants du Sud et du Sud-Ouest consommant le gras et le vin, étaient nettement moins sujets aux infarctus. Des chercheurs en ont conclu qu’une consommation modérée de vin rouge jouait un rôle bénéfique dans la prévention des maladies cardio-vasculaires, voire de certains cancers.

Les Américains, très sensibles aux arguments santé, ont aussitôt relayé ces avis autorisés. Leurs importations de vin français ont fait un bond de 14% en 1996.

Contre
l’Alzheimer

S’il y a là un lien de cause à effet, les affirmations d’un neurologue français, selon lequel une consommation de trois à quatre verres de vin par jour s’accompagne d’une «franche réduction» — 4/5e — du risque de la démence sénile, notamment de la maladie d’Alzheimer, devrait encore réconforter les viticulteurs en France où la publicité pour l’alcool est interdite.
Les conclusions du professeur Jean-Marc Orgogozo, qui doivent être présentées ce mois-ci au 49e Congrès de l’American Academy of Neurology, si elles étaient validées, mettraient à mal le slogan officiel incitant à la modération: «Deux verres ça va, trois verres bonjour les dégâts».
Les travaux ont été menés à l’hôpital de Bordeaux (Sud-Ouest), centre de la fameuse région vinicole, «le point de référence pour le reste du monde», pour le célèbre oenologue américain Robert Parker, qui fait la pluie et le beau temps sur les exportations de vins. Le chercheur assure cependant qu’ils n’ont pas été subventionnés par la filière viti-vinicole. «Aucun des auteurs n’a d’intérêt personnel ou familial dans la production ou le commerce de vin», précisent ses collaborateurs.
Argument de vertu médicinale aidant ou pas, les exportations françaises de vin ont progressé de 10% en volume (à 12,17 millions d’hectolitres) en 1996, selon la Fédération des exportateurs de vins et spiritueux de France. La croissance a été particulièrement nette pour les Bordeaux,+14%. Les vins rouges constituent les troi-quarts des exportations.
Les marchés ont rédecollé aussi au Royaume-Uni, premier importateur de France, dont les achats ont augmenté de 12%, suivi d’Allemagne (8%). La Chine et plus généralement l’Asie manifestent de plus en plus d’intérêt pour le vin.
Cette croissance s’accompagne d’une baisse des exportations de spiritueux (1,5%).
En France aussi, la désaffection pour le vin semble enrayée. Le vin a récupéré plus de 2 millions de consommateurs entre 1990-95 après en avoir perdu 3 millions dans les années 80. Le Français consomme encore plus de 60 litres par an, bien que deux fois moins qu’il y a trente ans.
Le vin semble donc avoir encore de beaux jours devant lui avant d’être administré à des fins thérapeutiques sous forme de poudre. Un chercheur britannique, Norman Williams, assure avoir obtenu un extrait sec de vin rouge sans alcool qui protège contre l’obstruction des artères par le cholestérol de la même façon que le vrai vin rouge.
BORDEAUX (France), 2 Mail (AFP). — le vin bientôt délivré sur ordonnance en pharmacie? Soulignant le côté «plaisir» du breuvage pour balayer cette perspective, les professionnels de la viticulture font valoir cependant que les arguments «santé» dopent les ventes, et les exportations, du rouge.«La multiplication des études expliquant que la consommation modérée de vin rouge est bonne pour la santé arrange bien les producteurs», reconnaît Louis-Régis Affre, chef de la Fédération française des exportateurs de vins et spiritueux. Interrogé par le journal «Libération», il se félicite de voir que «l’amateur raisonnable de vin rouge est non seulement déculpabilisé, mais encouragé dans son penchant».De nombreuses études, consacrées ces dernières années au «paradoxe français», ont constaté que les...