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Actualités - Chronologie

Célébration dans la morosité pour les ouvriers palestiniens

NAPLOUSE (Cisjordanie), 1er mai (AFP). — Les travailleurs palestiniens ont célébré jeudi le 1er mai dans la morosité, après trois ans et demi d’un processus de paix en faillite qui a surtout apporté chômage et baisse du pouvoir d’achat.
«De quelle fête parlez-vous?» s’interroge Abdallah Hassan, 50 ans, un ouvrier du bâtiment de la ville autonome de Naplouse, dans le nord de la Cisjordanie.
«Qu’est ce que c’est que ce processus de paix, où mes dix enfants sont les otages d’un ramassis de dirigeants israélien?», a-t-il dit.
Israël a décidé cette semaine d’alléger le bouclage imposé à la Cisjordanie et la bande de Gaza en permettant à 50.000 Palestiniens de revenir travailler en territoire israélien et le premier ministre Benjamin Netanyahu a promis d’aider l’économie palestinienne.
Mais les Palestiniens ont déjà entendu beaucoup de promesses similaires de la part des dirigeants israéliens, tandis que le bouclage des territoires imposé de façon répétée par Israël depuis quatre ans est généralement remis en place après quelques semaines d’allègement.
Israël entend ainsi se protéger contre les risques d’attaques anti-israéliennes de la part de Palestiniens, alors que ces derniers reprochent à l’Etat hébreu de punir toute une population pour des violences commises par quelques-uns.
Le chômage affecte environ un quart de la population active palestinienne, qui s’élève à 554.000 personnes, selon l’Autorité palestinienne. Et d’après des chiffres de l’ONU, le revenu par tête dans les territoires a chuté de 36% depuis 1992, notamment à cause des bouclages.
Abdallah Hassan, comme la plupart des ouvriers du bâtiment palestiniens, compte parmi les victimes de ces mesures. «Comment puis-je être heureux si je ne peux même pas me rendre à mon travail», se plaint-il. «Et si j’y arrive, c’est seulement avec de grandes difficultés et après m’être soumis à des contrôles humiliants. La situation ne fait qu’empirer».
Quelque 120.000 Palestiniens de Cisjordanie et Gaza venaient travailler en Israël et à Jérusalem-Est avant 1990. Depuis les bouclages répétés, leur nombre n’a jamais plus dépassé les 50.000 et a même été quasiment nul pendant la plus grande partie de 1996.
Le 1er mai était officiellement férié jeudi dans les territoires mais il n’y a eu pratiquement aucune célébration publique. Quelque 200 Palestiniens se sont rassemblés sur une colline faisant face à Jéruslam-Est pour dénoncer la construction d’une nouvelle colonie juive, dont la mise en chantier il y a un mois et demi a plongé le processus de paix dans la crise.
Selon des dirigeants syndicaux, la frustration des travailleurs est d’autant plus grande que les dirigeants de l’OLP et d’Israël leur avaient fait miroiter une amélioration économique lors des débuts de l’autonomie en 1993 et 1994.
«La situation économique et sociale des ouvriers n’a fait que se dégrader ces dernières années, essentiellement en raison du bouclage», a affirmé le chef-adjoint de la fédération des syndicats, Rassim al-Biyari.
«Il y a une sorte de frustration politique, en raison du piétinement du processus de paix et du fait que ce qui avait été promis n’a pas été tenu», a-t-il dit.
Fakhri Youssef, 40 ans, a décidé de renoncer à attendre un permis de travail en Israël et a voulu travailler en Cisjordanie. Mais il n’a rien trouvé d’autre qu’une embauche comme journalier dans une carrière de pierre aux portes de Naplouse.
«Je n’ai aucun emploi stable. J’ai sept bouches à nourrir à la maison et les quelques shekels (un dollar vaut 3,4 shekels) que je gagne chaque pour n’y suffisent pas», affirme-t-il.
«Je me moque du processus de paix. Je ne comprends rien à la politique. Tout ce qui m’intéresse, c’est de savoir si la paix va me permettre de gagner ma vie», dit-il.
NAPLOUSE (Cisjordanie), 1er mai (AFP). — Les travailleurs palestiniens ont célébré jeudi le 1er mai dans la morosité, après trois ans et demi d’un processus de paix en faillite qui a surtout apporté chômage et baisse du pouvoir d’achat.«De quelle fête parlez-vous?» s’interroge Abdallah Hassan, 50 ans, un ouvrier du bâtiment de la ville autonome de Naplouse, dans le nord de la Cisjordanie.«Qu’est ce que c’est que ce processus de paix, où mes dix enfants sont les otages d’un ramassis de dirigeants israélien?», a-t-il dit.Israël a décidé cette semaine d’alléger le bouclage imposé à la Cisjordanie et la bande de Gaza en permettant à 50.000 Palestiniens de revenir travailler en territoire israélien et le premier ministre Benjamin Netanyahu a promis d’aider l’économie palestinienne.Mais les...