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Actualités - Chronologie

Souvenirs, confessions par écrit

WASHINGTON, 29 Avril (AFP). — La mode est aux souvenirs et confessions dans l’édition américaine, donnant lieu à un grand déballage d’histoires d’incestes ou de passé familial dramatique sur fond d’alcool et de violences, mais aussi à des récits simples sur une Amérique disparue.
L’exemple le plus spectaculaire de cette tendance a été fourni par le contrat mirobolant signé en mars entre une arrière grand-mère du Kansas, Josette Foveaux, et la maison d’édition new-yorkaise Warner Books qui s’est assurée, pour plus d’un million de dollars, l’exclusivité des souvenirs de la vieille dame.
Josette Foveaux, âgée de 98 ans, avait pourtant rédigé ses souvenirs il y a près de vingt ans, sans prétention, au fil de la plume, dans le cadre d’un «atelier d’écriture créatrice» où chacun est invité à développer ses possibilités d’écrivain. Cette ancienne blanchisseuse y décrivait les événements infimes d’une vie sans histoires dans le Middle West profond.
Son objectif était de laisser un témoignage à ses petits-enfants sur la vie dans le Kansas, au début du siècle. Elle révélait à ses proches les épreuves subies avec son mari alcoolique et décrivait les années difficiles de la «Grande Dépression» des années trente. Elle expliquait enfin comment elle parvint à élever ses huit enfants, en dépit de l’adversité.

A l’hôpital

Le responsable de son «atelier de création», Charley Kempthorne, avait publié l’année dernière dans un magazine quelques bonnes feuilles des souvenirs de Josette Foveaux et envoyé, à tout hasard, un exemplaire au «Wall Street Journal».
Les mois passèrent. Le 7 mars 1997, le journal financier publiait un article dithyrambique sur le travail de la vieille dame. Emotion dans le monde de l’édition. Surenchère. Warner Books remportait finalement la mise. Le livre paraîtra à l’automne.
Les journalistes et caméras de télévision affluaient entre-temps pour interviewer le nouvel auteur à succès. Hollywood se déclarait aussi intéressé. C’en était trop pour Josette Foveaux qui dut être hospitalisée fin mars.
Henry Taylor, de l’Université américaine, à Washington, situe cet engouement pour ce type de témoignages dans le cadre de la «folie du millénaire» qui approche, les Américains se révélant avides de recueillir les derniers récits sur un passé en passe de disparaître totalement.
Il précise d’ailleurs que les «ateliers de création de non fiction» se sont multipliés au sein des universités ou de différents instituts où hommes et femmes de tous âges apprennent à rédiger leurs mémoires.
L’édition n’est pas en reste et a publié, ou s’apprête à le faire, de nombreux récits d’Américains, peu ou pas connus, axés souvent autour d’une expérience ou d’un traumatisme passé.
Simple mode favorisée par le voyeurisme ou le goût du sordide, dans une sorte de grand déballage? Plusieurs ouvrages de souvenirs sur fond d’incestes, de sexualité tourmentée, de violences ou de drames, figurent ces dernières semaines dans les listes des best-sellers.

Récits d’alcôve

Kathryn Harrison a profondément divisé la critique, et également choqué l’Amérique dans «The Kiss»(Le baiser), en analysant par le menu les relations incestueuses avec son père. Elle avait déjà évoqué ce thème il y a qualques années, sous forme de fiction, mais assure avoir éprouvé le souhait d’y revenir sous forme de récit, dans une sorte de psychothérapie par l’écriture.
Démarche similaire chez Frank McCourt, enseignant de New York, dont les souvenirs sur une enfance irlandaise misérable connaissent un vif succès de librairie. Il avait été tenté dans un premier temps par la fiction. «Angela’s Ashes» (Les cendres d’Angela) ont d’ailleurs valu à Frank McCourt un prix Pulitzer au début du mois.
Les souvenirs ou témoignages encombrent désormais les rayons des librairies, mais le passé quelque peu bucolique et spartiate de Josette Foveaux y est bien souvent remplacé par d’effroyables récits d’alcôve. Il y a question d’un viol par un entraîneur, d’un combat contre la dépression ou l’alcoolisme ou encore des tourments d’une adolescente à la recherche d’une difficile affirmation de sa sexualité.
WASHINGTON, 29 Avril (AFP). — La mode est aux souvenirs et confessions dans l’édition américaine, donnant lieu à un grand déballage d’histoires d’incestes ou de passé familial dramatique sur fond d’alcool et de violences, mais aussi à des récits simples sur une Amérique disparue.L’exemple le plus spectaculaire de cette tendance a été fourni par le contrat mirobolant signé en mars entre une arrière grand-mère du Kansas, Josette Foveaux, et la maison d’édition new-yorkaise Warner Books qui s’est assurée, pour plus d’un million de dollars, l’exclusivité des souvenirs de la vieille dame.Josette Foveaux, âgée de 98 ans, avait pourtant rédigé ses souvenirs il y a près de vingt ans, sans prétention, au fil de la plume, dans le cadre d’un «atelier d’écriture créatrice» où chacun est invité à...