L’ancienne colonie espagnole du Sahara occidental, un territoire quasiment désertique, est revendiquée, depuis la mort du général Franco et le retrait de l’armée espagnole en 1975 par le Polisario, mouvement de libération qui avait lutté contre l’occupation espagnole, et le Maroc qui la considère comme faisant partie de son territoire.
Après la «marche verte» et le déferlement de centaines de milliers de Marocains sur le Sahara occidental à l’appel du roi Hassan II, le Maroc a été confronté aux attaques de grande envergure des guérilleros fortement équipés du Polisario.
A partir de 1980, Rabat a «verrouillé» le «Sahara utile» — comprenant les mines de phosphates — en érigeant plusieurs immenses murs de défense, abandonnant le reste du désert aux combattants sahraouis.
Après l’euphorie,
le désenchantement
Du côté sahraoui, l’euphorie du cessez-le-feu, en vigueur depuis le 6 septembre 1991, fêté dans la liesse, comme une victoire, dans les camps de réfugiés de Tindouf (sud-ouest algérien), a laissé la place au désenchantement après l’immense espoir d’une indépendance qui s’est amenuisé au fil des ans et des reports successifs du référendum d’autodétermination initialement prévu en janvier 1992.
S’estimant abandonné par les Nations Unies, dont il a accusé l’ancien secrétaire général Boutros Boutros-Ghali de favoriser les thèses marocaines, le Polisario a menacé, à plusieurs reprises, de reprendre la guerre, accusant le Maroc de violer le cessez-le-feu.
L’ONU, de son côté, a sommé les deux parties d’avoir à se mettre d’accord et menacé de se retirer du Sahara occidental si aucun progrès n’était réalisé dans le processus de paix qu’elle a établi et qui a été, en principe, accepté par les deux parties.
Relations
empoisonnées
entre le Maroc
et l’Algérie
La tenue d’un référendum d’autodétermination est entravée par le désaccord entre le Polisario et le Maroc sur la composition du corps électoral appelé à y participer. Le Polisario s’en tient au recensement espagnol de 1974 fixant le nombre des électeurs sahraouis à 74.000 avec quelques correctifs, alors que Rabat veut y adjoindre des dizaines de milliers d’autres ayant fui, selon lui, la colonisation espagnole pour se réfugier au Maroc.
La Mission des Nations Unies pour le référendum au Sahara occidental (MINURSO) chargée de recenser les Sahraouis selon des critères précis a dû arrêter cette opération. Ses effectifs ont été réduits, alors que sa mission expire le 31 mai.
Ce conflit, qui semble s’éterniser, a empoisonné les relations entre le Maroc et l’Algérie, qui a toujours soutenu le Polisario — les deux armées se sont même affrontées à Amgala — et entraîné la rupture des relations diplomatiques entre les deux pays.
Ces relations, rétablies en 1989, demeurent froides en dépit des professions de foi des responsables sur la construction d’un grand Maghreb arabe.
Dernièrement, le roi Hassan II du Maroc a demandé le gel de l’Union du Maghreb arabe (UMA — Algérie, Libye, Maroc, Mauritanie et Tunisie) pour protester contre la position algérienne dans ce conflit. L’Algérie s’est toujours défendue d’y être partie prenante, prônant la négociation directe entre le Polisario et le Maroc.
Pour l’heure, seul un coup de théâtre pourrait enfin faire sortir de l’oubli le processus de paix au Sahara occidental et le faire avancer.


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