«Je n’ai pas employé l’expression renégocier Maastricht, je n’ai pas dit qu’il fallait renégocier les critères (...). J’ai dit: «Il ne faut pas entrer dans le processus de la monnaie unique sans conditions», a-t-il dit sur Europe 1.
«Je propose que cela soit examiné en tendances», a-t-il ajouté.
Lionel Jospin a souligné qu’à la différence de l’ancien premier ministre RPR Edouard Balladur, qui défend également l’idée de tendances, il réclamait des garanties précises pour «entrer dans le processus».
«Nous avons dit: «Les pays du Sud, et notamment l’Italie, doivent être d’entrée de jeu dans la monnaie unique». Qui pourrait comprendre que les anciens Allemands de l’Est qui vivent à Dresde soient dans la monnaie unique alors que les Romains qui ont fait le Marché commun avec nous en 1956 n’y rentreraient pas?», a-t-il expliqué.
Lionel Jospin a également prôné un «gouvernement économique» en face de la banque centrale chargée de gérer la future monnaie européenne.
«Si on accepte le pacte de stabilité renforcé qui n’était pas dans le traité de Maastricht et que les Allemands nous ont imposé, ça veut dire qu’on renonce à notre politique budgétaire. C’est-à-dire aux deux principaux instruments de politique économique», a-t-il dit.
Croissance plus grande
«Je ne propose pas cela, je ne veux pas dissoudre la France dans l’Europe», a-t-il ajouté.
Le dirigeant socialiste a souligné vouloir «une France qui pèse dans l’Europe et une Europe qui choisisse la croissance et l’emploi, qui cesse de brider sa machine économique pendant que les Etats-Unis, l’Amérique latine, le Japon, l’Asie, eux, avancent à grands pas».
Lionel Jospin a précisé ses «grandes orientations» économiques pour «remettre la France en marche» à travers la recherche d’une «croissance plus grande» et une «progression maîtrisée du pouvoir d’achat».
«Je constate que depuis quatre ans, la France est en panne et, en particulier, la machine économique est en panne. La droite dit: «Ça ne marche pas mais continuons la même politique, voire aggravons - la». Moi je dis: «Ça ne marche pas»».
Le leader du PS a souligné que son parti entendait modifier «sensiblement» la loi de Robien sur le temps de travail ou l’intégrer à d’autres textes «parce qu’elle est très coûteuse pour une efficacité qui existe mais qui n’est pas en rapport avec son coût».
«Je crois qu’on la supprimera pour l’intégrer dans notre démarche de diminution de la durée du travail qui est beaucoup plus globale et qui sera beaucoup plus efficace et, en plus, moins coûteuse», a-t-il dit.
De même, Lionel Jospin a précisé que le PS n’avait pas «l’intention de renationaliser» mais qu’il ne poursuivrait pas les processus de privatisation ou les projets lancés avant la dissolution de l’Assemblée nationale pour France Telecom Air France, EDF-GDF ou Thomson.


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