Le sud-est et la région de Londres ont oublié la récession du début des années 90 qui les avait frappés plus durement et enclenché un mouvement de réduction de l’écart entre les riches londoniens et leurs concitoyens des zones en reconversion industrielle.
«Il y a des signes montrant que le sud repart de l’avant», indique John Hills, économiste à la London School of Economics, mettant en exergue le principal révélateur d’un nouveau creusement des inégalités régionales: les prix de l’immobilier.
Traditionnellement à la traîne, le nord du pays avait pourtant refait une partie de son retard pendant les années 90. En 1988, lorsque les inégalités atteignaient leur niveau le plus criant, le taux de chômage atteignait 10,3% dans le nord-ouest contre 4,2% dans le sud-est. En mars 1997, ces deux taux étaient respectivement de 6,7% et de 5,6%.
Il y a quelques mois, le premier ministre John Major affirmait que le Royaume-Uni était en train de dire «au revoir à l’inégalité nord-sud».
Pendant les décennies de l’après-guerre, le nord avait subi de plein fouet le déclin des industries traditionnelles (chantiers navals, production minière). Le phénomène a pris une ampleur particulière avec l’arrivée au pouvoir de Margaret Thatcher en 1979.
«Au début des années 1980, la quasi-disparition de grandes industries minières et manufacturières des zones les plus traditionnelles, particulièrement le nord», a accrû les divisions, a expliqué Ann Green, de l’Institut de recherches sur l’emploi de l’université de Warwick.
L’actuelle période d’expansion, largement tirée par la consommation des Britanniques, inquiète les spécialistes qui scrutent l’évolution des inégalités régionales.
Les prix de l’immobilier dans la capitale ont augmenté de 17,4% pendant l’année passée. Dans le sud-est, où beaucoup de Britanniques aisés ont choisi de s’établir tout en continuant à venir travailler à Londres, les prix ont progressé de plus de 9%.
En revanche, au Pays de Galles, dans les régions du nord de l’Angleterre, en Ecosse et en Irlande du Nord, les propriétaires ont vu fondre leur capital dans les trois derniers mois même si, l’année dernière, les prix ont légèrement augmenté.
Le sud-est et l’East Anglia, une riche région agricole de l’est de l’Angleterre, sont les seules régions dont le PIB par habitant est supérieur à la moyenne de l’UE. Le nord, l’Ecosse, et l’Irlande du Nord ont parmi les taux les plus faibles de possession de voitures de toutes l’UE.
M. Hills estime cependant que les récessions et les transformations économiques ont laissé des poches de pauvreté dans l’ensemble du pays. «Même dans une ville relativement riche comme Oxford, il y a encore des zones de très fort chômage», indique-t-il.


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