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Actualités - Chronologie

La question monarchique embarrassé Tony Blair

LONDRES, 23 Avril (Reuter). — Tony Blair a proclamé haut et fort son intention de doter le Pays de Galles et l’Ecosse de mini-Parlements et promis de supprimer la pairie héréditaire à la Chambre des Lords.
Mais il est resté plutôt discret sur un thème qui passionne autrement plus son électorat: le rôle de la monarchie.
La famille royale, sous le règne d’Elizabeth II, est devenue dans les années 1990 la risée du pays et la cible privilégiée de la presse à scandales grâce aux «exploits» de ses membres les plus célèbres — le prince Charles et son ex-épouse Diana, et Sarah, la duchesse d’York.
Leurs frasques conjugales et extraconjugales sont d’autant plus embarrassantes que Charles, héritier de la couronne, est appelé en principe à monter sur le trône.
Au Royaume-Uni, la désaffection de l’opinion publique vis-à-vis de la monarchie est allée croissante. Selon un sondage récent, plus d’un tiers des Britanniques souhaitent son abolition. L’année dernière, une proportion comparable estimait que le pays ne perdrait rien à devenir une république.
Mais aux Communes, l’atmosphère reste à la déférence et à un soutien discret mais ferme à la famille royale. Une telle ligne de conduite ne surprend pas de la part du Parti conservateur, pilier de l’«establishment» britannique et tout entier voué à la reine.

Convictions républicaines

En 1995, John Major avait ainsi vertement tancé un de ses ministres coupable d’avoir accusé Diana de paranoïa après que celle-ci eut expliqué devant des millions de téléspectateurs pourquoi son mariage avec Charles était parti à vau-l’eau.
En revanche, le Labour, où le courant républicain est traditionnellement plus fort, s’est bien gardé d’afficher une attitude claire sur la question, et ce d’autant plus que les sondages le désignaient comme le futur vainqueur. Nombre de députés travaillistes dénoncent même ce «tabou» au sein de leur parti.
En février, lors d’un débat-marathon de cinq heures sur la constitution, seul Tony Benn, ancienne figure de proue de la gauche du Labour, avait osé prendre la parole sur ce problème.
Il s’était prononcé pour un retrait «dans l’honneur» de la monarchie, assorti d’une forte pension allouée à Buckhingham Palace mais en se gardant bien de critiquer de façon trop personnelle les membres de la famille royale.
Environ un quart des députés travaillistes partageraient les convictions républicaines de Tony Benn, selon un sondage. Toutefois, soucieux de ne pas afficher de dissensions internes qui les fragiliseraient devant les électeurs, les «républicains» du Labour se taisent.
Jack Strau, porte-parole travailliste pour les affaires intérieures, s’était prononcé en 1994 pour une version «épurée» de la monarchie, dans laquelle la famille royale verrait ses pouvoirs politiques réduits, tout en conservant la possibilité de participer au débat public.
Certains des «républicains» jugent absurde que la reine dispose toujours du pouvoir — rarement utilisé il est vrai — de choisir librement le premier ministre. Le Labour étant opposé au droit de vote des Lords héréditaires, il ne voit pas non plus pourquoi la charge de chef de l’Etat devrait se transmettre de façon héréditaire.
Blair lui-même, quelques semaines avant d’accéder à la tête du parti, avait déclaré que la famille royale devrait soit se retirer, soit chercher à devenir plus proche d’une «famille normale».
Mais le leader du Labour a toutes les chances d’accéder dans une semaine au 10, Downing Street, et à ce titre, de rencontrer la reine une fois par semaine. Il a donc mis une sourdine à ses velléités anti-monarchistes.
En avril 1996, il louait même les qualités de futur roi du prince Charles, et prétendait que le statut de la monarchie, au regard de la constitution non écrite, était «tout à fait clair». «Je crois fermement à notre type de monarchie constitutionnelle, mais je veux aussi moderniser nos institutions», ajoutait-il.
«La monarchie s’adapte», explique en substance le probable futur premier ministre, qui cite en exemple la décision récente de la reine de payer des impôts et de mettre sur pied un groupe de réflexion sur les réformes éventuelles de la monarchie.
Selon des observateurs, Tony Blair pourrait, une fois au pouvoir, créer une commission d’enquête multipartite pour réfléchir sur l’avenir d’une institution millénaire en mal de modernisation à l’aube du troisième millénaire.
LONDRES, 23 Avril (Reuter). — Tony Blair a proclamé haut et fort son intention de doter le Pays de Galles et l’Ecosse de mini-Parlements et promis de supprimer la pairie héréditaire à la Chambre des Lords.Mais il est resté plutôt discret sur un thème qui passionne autrement plus son électorat: le rôle de la monarchie.La famille royale, sous le règne d’Elizabeth II, est devenue dans les années 1990 la risée du pays et la cible privilégiée de la presse à scandales grâce aux «exploits» de ses membres les plus célèbres — le prince Charles et son ex-épouse Diana, et Sarah, la duchesse d’York.Leurs frasques conjugales et extraconjugales sont d’autant plus embarrassantes que Charles, héritier de la couronne, est appelé en principe à monter sur le trône.Au Royaume-Uni, la désaffection de l’opinion publique...