La radio publique a apporté de l’eau au moulin de ceux qui refusent de clore le dossier en révélant que trois adjoints du procureur de l’Etat, Mme Edna Arbel, avaient rédigé un rapport dans lequel ils estiment que M. Netanyahu aurait dû être poursuivi en justice.
Mme Arbel, qui selon la radio a refusé de rendre public ce document de 18 pages, et le procureur général Eliakim Rubinstein avaient annoncé dimanche qu’ils ne disposaient pas d’assez de preuves pour inculper le premier ministre.
Après trois mois d’enquête sur un scandale politico-judiciaire, la police avait recommandé l’inculpation notamment de MM. Netanyahu, du ministre de la Justice Tzahi Hanegbi et du chef du parti ultra-orthodoxe Shass Arié Déri.
Les deux procureurs ont décidé de poursuivre en justice M. Déri pour «chantage, abus de confiance et menaces» ainsi qu’un complément d’enquête pour d’autres protagonistes dans cette affaire.
Selon les adjoints de Mme Arbel, «il sera très difficile de justifier la seule inculpation de M. Déri, alors que les faits qui lui sont reprochés sont liés à l’attitude du premier ministre et du ministre de la Justice».
L’opposition, dirigée par les partis travailliste et Meretz qui exigent la démission de M. Netanyahu, a présenté une liste de 30 députés au président du Parlement, Dan Tichon, pour obtenir la convocation en session extraordinaire de la Knesset, actuellement en vacances.
«On ne peut laisser un premier ministre aussi douteux, sans que la démocratie bénéficie de la protection rapprochée du Parlement», a souligné le chef du Meretz, Yossi Sarid.
«Vivant mais blessé»
Trois recours ont été présentés lundi par l’opposition devant la Cour suprême afin d’obliger la justice à inculper M. Netanyahu. Ils seront examinés début mai après les célébrations de la Pâque juive, qui s’achèvent lundi.
La Cour suprême a le pouvoir d’annuler la décision du bureau du procureur, mais elle l’a rarement fait dans le passé.
M. Raanan Cohen, président travailliste de la commission parlementaire chargée du contrôle du service public, a de son côté annoncé qu’il convoquerait cette commission dès que la Cour suprême aura statué.
M. Cohen a souligné qu’il souhaitait la mise sur pied d’une commission d’enquête par le gouvernement, qui serait composée de personnalités indépendantes.
L’ancien procureur général, Michaël Ben Yair, a lui aussi pris l’initiative de faire signer une pétition en faveur d’une telle commission qui «pourrait examiner les aspects publics restés inexpliqués».
La presse, de son côté, s’est montrée très pugnace à l’encontre du premier ministre. «Haaretz» (indépendant) estime que M. Netanyahu «n’est pas digne d’être premier ministre», alors que le «Maariv» (centre droit) constate que le «premier ministre s’en sort vivant, mais gravement blessé».
Le journal «Yédiot Aharonot» (indépendant) presse M. Netanyahu de «sortir de son bunker pour faire le ménage» et lui demande de présenter des excuses publiques pour ses attaques contre les médias.
Au sein de sa majorité, le premier ministre et dirigeant du Likoud (droite nationaliste) a réussi, pour le moment, à colmater les brèches. Le ministre des Finances et membre du Likoud, Dan Méridor, ainsi que le ministre du Commerce et chef du parti russophone Israël Be Alya, Nathan Chtcharansky, ont renoncé à démissionner alors qu’ils en avaient fait planer la menace.
Ils ont toutefois demandé à M. Netanyahu de retirer à M. Hanegbi le portefeuille de la Justice.
Le scandale avait été révélé à la mi-janvier par la télévision israélienne selon laquelle M. Déri aurait fait pression sur le gouvernement pour nommer un procureur général susceptible de l’aider à se laver d’accusations de corruption.


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