Au dire des analystes, cette faillite, la première pour une compagnie d’assurance-vie intervenue depuis la restructuration du secteur financier japonais au sortir de la guerre, accélérera probablement les transformations qui s’imposent dans le domaine de l’assurance-vie.
Le ministre des Finances a déclaré au cours d’une conférence de presse que la compagnie avait adressé au ministère un rapport lui annonçant que ses administrateurs réunis d’urgence vendredi avaient décidé l’arrêt des activités de l’entreprise.
Hiroshi Mitsuzuka s’est engagé à protéger tous les clients de Nissan Life pour éviter de réveiller les inquiétudes suscitées par un secteur financier déjà fragilisé par plusieurs faillites bancaires et autres scandales.
Le ministre a toutefois insisté sur le fait qu’il n’envisageait pas, pour liquider la compagnie, de recourir à l’argent des contribuables comme il l’avait fait l’an dernier lors des faillites de plusieurs sociétés de crédit immobilier, les «jusen».
Incompétence
Il a expliqué la faillite de Nissan Life par son incompétence en matière de gestion de portefeuille d’investissement, qui constitue habituellement une bonne part des revenus de ce type d’entreprise.
Il a tenu à dire qu’aucune autre compagnie d’assurance-vie japonaise ne se trouvait dans la même situation.
Rappelant qu’il s’agit là de la première faillite dans l’assurance-vie japonaise depuis la guerre, il a déclaré: «J’espère que nous ferons en sorte que cela soit la dernière».
Nissan Mutual Life a subi de lourdes pertes après avoir trop largement investi dans la Bourse et l’immobilier pendant la flambée des prix de la fin des années 80. Elle se retrouve maintenant dans une situation financière qualifiée «d’anormale» par un responsable des Finances, avec un passif qui dépasse ses actifs d’environ 200 milliards de yens (1,58 milliard de dollars).
Hiroshi Mitsuzuka a indiqué que son ministère annoncerait sous peu à qui serait confiée la gestion des polices de la clientèle de Nissan Mutual et que ce serait vraisemblablement avec la participation de l’association professionnelle des compagnies d’assurance-vie. Il a ajouté que des discussions interviendraient ensuite sur la répartition de ces dossiers dans la profession.
Bien que la faillite de Nissan Mutual, qui n’est pas cotée en Bourse, ait pris les milieux boursiers et financiers par surprise, elle n’a pas provoqué de gros dégagements, ni sur le marché obligataire ni sur celui des actions.


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