«Nous allons disputer mercredi soir le match le plus important de la vie du club depuis bientôt 30 ans», affirmait samedi Alex Ferguson, le manager des «Red Devils», une fois n’est pas coutume, imprécis sur les chiffres.
En fait, il y a exactement 28 ans que Manchester United ne s’est pas hissé dans le dernier carré de la plus prestigieuse des compétitions européennes. Le Bobby Charlton, Denis Law, et autres George Best avaient alors abandonné le trophée gagné la saison précédente, concédant le match nul (1-1) devant l’Inter Milan, après avoir été battus 1 à 0 à l’aller, comme au Westfalenstadion.
L’histoire se répétera-t-elle? Mais les champions d’Angleterre regretteront peut être les opportunités gâchées il y a quinze jours par Eric Cantona et David Beckham face à une équipe du Borussia décimée par les absences de sept de ses titulaires.
Mercredi soir en effet, même si le grand Matthias Sammer, blessé aux adducteurs, ne pourra lancer son immense carcasse à l’assaut du camp de «MU», c’est une formation ragaillardie par les retours de Jurgen Koller en défense, de Stéphane Chapuisat et Karlheinz Riedle en attaque, qui protégera son petit avantage.
Alors, même si le Borussia doit souffrir du forfait du charismatique libero de l’équipe d’Allemagne, on peut compter sur Andreas Moeller pour mener ses contres ultra rapides qui sont la spécialité maison, et qui ont permis aux protégés d’Ottmar Hitzfeld de s’imposer trois fois sur quatre (un nul) lors de leurs déplacements européens cette saison.
Climat de confiance
Si l’on en croit l’Ecossais Paul Lambert, il règne d’ailleurs depuis deux semaines un climat de confiance dans le camp de Dortmund. «Manchester United ne nous a inquiétés qu’en deux ou trois occasions», expliquait-il dimanche dans les colonnes du Telegraph. Ce n’est pas l’adversaire le plus dangereux que nous ayons rencontré. L’Atletico Madrid nous avait fait beaucoup plus souffrir et nous avions vécu une première demi - heure torride à Auxerre. Si nous parvenons à marquer, je vois mal Manchester United en inscrire trois».
L’optimisme de Lambert n’est pas tout à fait déplacé. Si les «Red Devils» n’avaient jamais connu la défaite à Old Trafford en Coupe d’Europe avant le début de cette campagne, ils s’y sont inclinés deux fois cet automne, face à Fenerbahce (1-0) d’abord, puis à la Juventus (1-0) ensuite. Deux soirées où le manque de mobilité de l’arrière-garde de Manchester United fut cruellement exposé.
A l’exception de leur quart de finale aller contre Porto (4-0), Eric Cantona et ses camarades ont rarement affiché en Coupe d’Europe la sérénité et le mordant qui leur ont permis depuis quatre ans de survoler le championnat anglais, comme s’ils nourrissaient toujours vis à vis du football continental une forme d’inhibition.
Ces complexes, Ferguson ne veut pas en entendre parler. «mes joueurs sont jeunes, ils sont loin d’avoir atteint leur meilleur niveau, mais je suis convaincu qu’ils peuvent jouer beaucoup mieux qu’à l’aller», assure-t-il. Je veux bien admettre que le Borussia Dortmund est une bonne équipe mais si les Allemands nous sous-estiment, ils vont connaître des frayeurs».


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