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Actualités - Chronologie

Sur l'éducation, le dogme s'efface mais l'Apartheid perdure

LONDRES, 21 Avril (AFP). — La campagne électorale accorde une place sans précédent à l’éducation, mais le débat dominant, sur la qualité de l’enseignement, évite les guerres idéologiques droite-gauche du passé autour de la sélection ou de l’«apartheid» public-privé.
«Les parents d’élèves ont une attitude de consommateurs. Quel que soit le revenu disponible, ils en veulent pour leur argent». Gabbitas se réjouit du nouveau «pragmatisme», libéré de barrières socio-psychologiques sur le choix d’une école: ce cabinet londonien vit en effet d’un secteur en pleine expansion depuis 5-10 ans: «le conseil en éducation».
Et en vit bien, à raison de 120 livres/heure pour une «recherche d’école», et jusqu’à 450 livres pour une «évaluation éducative personnalisée».
Par milliers chaque année des parents, de milieux sociaux divers, se tournent vers Gabbitas pour les aider dans leur choix éducatif.
Reflet de cette inquiétude, l’éducation est, pour la première fois dans une élection britannique, une priorité proclamée du Labour, des Tories et des libéraux-démocrates.

Impératif économique

«Le lien entre éducation et économie n’a jamais été aussi crûment perçu», diagnostique Ann West, directeur de recherche sur l’éducation à la London Schools of Economics. Au «Manners Maketh Man» (les bonnes manières font l’homme) a succédé le «Manners Maketh Money».
L’impératif économique a accouché du consensus politique: tous les partis s’accordent aujourd’hui sur la nécessité de hausser le niveau général des écoliers anglais (à la traîne en maths et lettres sur les autres pays occidentaux), de renforcer un corpus national de savoir minimum requis, par des tests réguliers, des objectifs chiffrés, et une discipline accrue.
On est loin des guerres philosophiques droite-gauche des années 1970-80 sur l’éducation «progressiste» ou «libérale», explorée «en Angleterre parfois à l’excès et beaucoup plus qu’en Europe, jusqu’à provoquer l’actuel retour de bâton», analyse le Pr West.
La sélection elle-même, jadis honnie par le Labour comme facteur «de division sociale et d’inégalité», n’est plus un tabou. Le New Labour de Tony Blair ne rêve plus d’un système tout public, veut laisser en paix les établissements privés (2.400 sur 30.000), comme ceux bénéficiant de fonds publics mais pratiquant la sélection.
Tout au plus entend-il supprimer le système de «placement assisté», par lequel l’Etat subventionne chaque année 38.000 élèves doués mais socialement défavorisés pour accéder à une école «indépendante» privée (5.000-6.000 livres par ans). Le Labour entend utiliser ces fonds pour des réductions de classe.
«On discerne encore, dans les faits, une attention privilégiée des Tories pour les plus aptes scolairement, et du Labour pour les victimes de l’échec scolaire», commente le Pr West.

Une diversion

«Mais c’est une diversion. Le réel enjeu est le niveau adéquat de ressources permettant le maintien à niveau du secteur public», dont des rapports indépendants ont stigmatisé le dénuement (bâtiments, livres).
Or seuls les libéraux-démocrates, «troisième parti» condamné par le système électoral, ont promis d’investir: 10 milliards sur cinq ans, via impôts.
Pour le vice-premier ministre Michael Heseltine, toutes les écoles du pays, publiques ou privées, devront à terme être au niveau des objectifs de qualité que fixera le gouvernement. Ce que Gabbitas traduit par un «monde idéal» où les écoles privées n’auraient plus de raison d’être. Dans l’intervalle, plaide le cabinet, elles existent et nous faisons florès.
LONDRES, 21 Avril (AFP). — La campagne électorale accorde une place sans précédent à l’éducation, mais le débat dominant, sur la qualité de l’enseignement, évite les guerres idéologiques droite-gauche du passé autour de la sélection ou de l’«apartheid» public-privé.«Les parents d’élèves ont une attitude de consommateurs. Quel que soit le revenu disponible, ils en veulent pour leur argent». Gabbitas se réjouit du nouveau «pragmatisme», libéré de barrières socio-psychologiques sur le choix d’une école: ce cabinet londonien vit en effet d’un secteur en pleine expansion depuis 5-10 ans: «le conseil en éducation».Et en vit bien, à raison de 120 livres/heure pour une «recherche d’école», et jusqu’à 450 livres pour une «évaluation éducative personnalisée».Par milliers chaque année des...