Selon cette source, son déficit budgétaire représenterait 3,2% du PIB cette année, alors que le traité de Maastricht fixe un plafond maximal de 3,0%.
On estime de même source que le chiffre pourrait changer avant mercredi, jour où la Commission européenne doit publier ses prévisions de printemps.
Mais le vice-premier ministre Walter Vetroni a affirmé, selon l’agence Ansa, que le collectif budgétaire permettrait à l’Italie de se qualifier pour l’UEM. Ce collectif vise à réduire le déficit budgétaire de 15.000 milliards de lires (neuf milliards de dollars).
La commission budgétaire de la Chambre des députés italienne a cependant repoussé vendredi par 25 voix contre 24 le texte du projet. Ce dernier sera à présent soumis à la Chambre en séance plénière mais ce premier scrutin constitue un revers de taille pour le gouvernement de centre-gauche du président du Conseil Romano Prodi.
Quoi qu’il en soit, le ministre du Commerce extérieur Augustin Fantozzi estime que l’intégration de la monnaie unique doit aussi prendre en compte le poids économique du pays.
Interrogé sur la prévision donnée de source communautaire, il a répondu: «Tout le monde y va de son idée mais c’est de bonne guerre et il est probable que, de l’étranger, l’Italie peut parfois paraître fragile d’un point de vue monétaire».
Se félicitant que le gouvernement ait eu recours au collectif budgétaire, il a estimé que celui-ci devait encore agir sur l’Etat-providence en 1998 pour «respecter le pacte de stabilité que nous avons signé».
La charrue avant
les bœufs
Ce remue-ménage autour de l’Italie a été attisé par un article paru dans le journal italien II Sole 24 Ore suivant lequel la France et l’Allemagne s’entendraient pour exclure l’Italie et l’Espagne de la première fournée de l’UEM. Paris, Rome et Bonn ont démenti en bloc.
Padoa Schioppa, ex-numéro 3 de la Banque d’Italie et actuel président de la Consob (La COB italienne), pense qu’il serait «catastrophique» pour l’Italie de vouloir mettre la charrue avant les bœufs, c’est-à-dire de vouloir être prête à toutes forces pour l’échéance du 1er janvier 1999, sans avoir effectué un nécessaire travail de consolidation budgétaire.
«Tout serait différent toutefois si, ayant consolidé le processus d’ajustement pour 1998 et au-delà, nous nous trouvions à la fin de 1997 légèrement au-dessus de 3,0%», a-t-il expliqué.
L’Italie se trouverait alors en mesure soit d’intégrer l’UEK, soit de disposer d’une date d’entrée ultérieure.
«C’est Padoa Schioppa qui a raison», pense Daren Williams, économiste chez UBS à Londres. «Que l’Italie intègre la monnaie unique en 1999 ou en 2001, ça n’a aucune importance, sauf pour quelques politiciens qui s’inquiètent de leur avenir».


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