Alex Ferguson a beau tempêter contre les surcharges du calendrier, s’emporter contre Arsène Wenger, le manager français d’Arsenal, menacer la Fédération, Manchester United, avec ses deux longueurs d’avance sur Liverpool et trois sur Arsenal, est en position de force avant la dernière ligne droite de la saison.
Bien sûr, Eric Cantona et ses camarades pourraient abandonner des points ici et là, lors des quatre rencontres qu’ils devront négocier entre le 3 et le 11 mai. Mais s’ils ramènent de leur déplacement samedi un match nul, ou mieux encore un succès, les «Red Devils» s’offriront un droit à l’erreur précieux qui leur permettra d’aborder leur rendez-vous avec le Borrussia Dortmund en demi-finale de la Ligue des Champions, mercredi, l’esprit libéré.
«Nous devons essayer de gagner samedi, mais le plus important est de revenir d’Anfield indemnes, estime Ferguson. Si c’est le cas, nous serons vraiment dans une situation favorable».
Liverpool à quitte
ou double
Si l’on en croit les bookmakers, qui offrent une cote minuscule de 4 contre 11 pour son nouveau sacre, Manchester United possède les meilleurs atouts. Depuis son échec face à Coventry, puis son humiliation à Paris, Liverpool traverse une période de doute, à l’image de son gardien David James, qui depuis deux semaines a multiplié les bévues.
Ainsi, mercredi soir, après avoir ouvert le score à Everton, les hommes de Roy Evans ont une nouvelle fois laissé filer une occasion de mettre la pression sur leurs rivaux. Et comme la malchance s’en mêle, Robbie Fowler, principal artificier des «Reds» avec 30 buts, a été expulsé et sera privé des trois derniers matches de la saison.
Samedi donc, l’équipe de Liverpool, Fowler en tête (qui ne purgera sa suspension qu’à partir de la 36e journée), jouera sa dernière chance de rachat.
A force de manquer les grands rendez-vous (finales de la «Cup» l’an passé, faux-pas européens), John Barnes et les siens se sont peu à peu forgé une réputation de «perdants». Samedi sera l’occasion ou jamais de reconquérir les vieux fans du Kop qui commencent à s’impatienter.

