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Actualités - Chronologie

Les cadres de la rebellion apprennent la lutte des classes

GOMA (Zaïre), 18 Avril (AFP). — La rébellion zaïroise qui a conquis en sept mois la moitié du pays inculque à ses nouveaux cadres les bases de son idéologie, lors de séminaires fortement influencés par un socialisme qui peut aujourd’hui sembler archaïque.
Le «programme de l’idéologie politique» de l’Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo-Zaïre (AFDL, rébellion), distribué à tous les nouveaux cadres, explique en dix «leçons» les objectifs de la «révolution».
Sont ainsi détaillés les «sept causes de la révolution de 1964-65», «la cellule de base», «les classes sociales et leur lutte», «le programme de l’Alliance», «la liberté politique et civile», «les caractéristiques sociales du Congolais».
Les deux dernières leçons sont consacrées à l’armée. Présenté sous forme de questions-réponses, le fascicule doit être assimilé par le cadre qui sera ensuite chargé de diffuser la bonne parole dans les territoires «libérés».
Le chapitre sur les classes sociales trahit bien le passé marxiste du chef rebelle Laurent-Désiré Kabila, âgé de 56 ans. Un passé qu’il renie aujourd’hui pour ne pas effrayer l’Occident, acquis au libéralisme politique et économique.

Sept classes
sociales

«Nous étudions les classes sociales pour distinguer nos amis et nos ennemis et savoir dans quelle classe sociale nous nous trouvons», explique le document, qui distingue sept classes dans le pays.
«La bourgeoisie d’Etat ou bureaucratique», c’est-à-dire les «nantis qui se sont enrichis par des moyens illégaux». «La bourgeoisie compradore: les représentants des entreprises étrangères». «La bourgeoisie nationale, qui exploite les petits salariés et cultivateurs, suivie de la petite bourgeoisie, la classe des cultivateurs, la classe ouvrière et la classe des prolétaires: des chômeurs, des débrouillards, sans travail fixe et tous les vagabonds».
«L’actuel pouvoir est dans la classe des exploitants et impérialistes, c’est un instrument d’oppression, d’intimidation, d’asservissement d’une classe contre d’autres», estime le document, en référence au régime du président Mobutu Sese Seko.
Le programme de la rébellion explique également comment «atteindre les objectifs d’une révolution». Il faut «démanteler le pouvoir dictatorial et répressif, son armée, sa police et son administration».
«Mettre sur pied un gouvernement issu du peuple», ensuite «former une armée du peuple composée de la classe des exploités» et enfin «former une milice populaire qui remplacera la gendarmerie et les agents de l’Etat».
Des «cellules de base» doivent être créées, regroupant 5 à 16 personnes pour encadrer la population et «propager l’idéologie de l’Alliance à la masse populaire».
Dans chaque cellule, un «chargé de la sécurité» identifie les «ennemis du changement, veille sur la conduite des visiteurs, fait un rapport sur les suspects et est chargé de l’espionnage».
Pour l’observateur occidental, ce maillage administratif et idéologique très serré peut faire penser aux pires régimes dictatoriaux.
Mais la rébellion assure, dans son document, que son «objectif est de démanteler le pouvoir en place et l’instauration d’une démocratie de la majorité».
GOMA (Zaïre), 18 Avril (AFP). — La rébellion zaïroise qui a conquis en sept mois la moitié du pays inculque à ses nouveaux cadres les bases de son idéologie, lors de séminaires fortement influencés par un socialisme qui peut aujourd’hui sembler archaïque.Le «programme de l’idéologie politique» de l’Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo-Zaïre (AFDL, rébellion), distribué à tous les nouveaux cadres, explique en dix «leçons» les objectifs de la «révolution».Sont ainsi détaillés les «sept causes de la révolution de 1964-65», «la cellule de base», «les classes sociales et leur lutte», «le programme de l’Alliance», «la liberté politique et civile», «les caractéristiques sociales du Congolais».Les deux dernières leçons sont consacrées à l’armée. Présenté sous...