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Actualités - Chronologie

France : les économistes un peu plus optimistes sur la croissance

PARIS, 16 Avril (Reuter). — La croissance de l’économie française atteindrait 2,2% cette année, ce qui pourrait éviter une aggravation du chômage, et 2,8% en 1998, indique une enquête réalisée par Reuters auprès de 23 économistes.
Dans cette année d’«examen de passage» pour les pays candidats à l’Union économique et monétaire, le sentiment général des spécialistes interrogés est que le gouvernement français réussira à limiter son déficit public à 3% du Produit intérieur brut (PIB) comme le demande le traité de Maastricht.

En dépit du resserrement de la politique monétaire américaine, les économistes s’attendent à ce que la Banque de France poursuive sa baisse prudente et mesurée des taux directeurs. Ils soulignent cependant que sa politique du franc «fort» et étroitement lié au mark allemand réduit toujours sa marge de manœuvre, laissant la Bundesbank maître du jeu.

Le différentiel de taux entre les appels d’offres de la BDF, à 3,10%, et le taux des prises en pension allemand à 3,0%, est mince, mais même si la Banque française décidait de réduire cet écart, les économistes prévoient une nouvelle hausse des taux d’intérêt au début de l’an prochain.
L’enquête, effectuée entre le 2 et le 7 avril, révèle une estimation médiane de 2,2% de croissance pour le PIB en 1997, soit un dixième de moins que l’hypothèse officielle, que le gouvernement n’a pas révisé, mais qu’il dit considérer comme «un minimum».

La prévision médiane de l’enquête pour 1998 est de 2,6%.
La hausse du dollar de ces derniers mois a renforcé les espoirs d’une reprise de la croissance, grâce à une plus grande compétitivité des exportations françaises.
Mais nombre d’économistes, et probablement le gouvernement lui-même, s’abstiennent de trop compter sur cet effet d’aubaine, et attendent de mieux voix l’évolution de la parité entre le franc et le dollar dans le plus long terme.
Marie Owens-Thomsen, de BIP Dresdner Bank, estime que «l’effet dollar» sera limité en 1997, mais que le maintien du billet vert à ses niveaux actuels — autour de 5,80 francs — jusqu’à la fin de l’année, pourrait faire gagner à la France 0,2% de PIB.

Dépendance de
l’Allemagne

L’économie française dépend cependant davantage encore de ce qui se passe en Allemagne et dans les autres pays européens, et certains spécialistes estiment qu’il est actuellement très difficile de faire une estimation précise sur le PIB.

Patrick Mange, à la Deutsche Bank, maintient sa prévision inférieure à la moyenne de 2,1% pour 1998. Il souligne qu’outre l’évolution incertaine du dollar, il est extrêmement difficile de prévoir quand l’investissement des entreprises et l’effet de stock commenceront à se faire sentir.

«Il est plus difficile de faire des prévisions quand les indicateurs sont ambigus, mais en même temps, quand ils sont ambigus c’est souvent un signe de retournement du cycle (économique), ou de reprise...» déclare Mange.

Il rappelle qu’en 1994 le taux de croissance a atteint 2,5% alors qu’au début de l’année bien des gens n’attendaient même pas la moitié de ce chiffre.

Le ministère des Finances, qui est resté «volontairement prudent» lors de sa dernière prévision économique au début de ce mois, estimait que le principal risque qui subsiste, dans un environnement économique plutôt encourageant, était que l’activité économique américaine ne ralentisse pas suffisamment, ce qui pourrait provoquer de nouvelles hausses des taux d’intérêt à long terme et peser sur les marchés financiers en Europe.
Pour ce qui est de l’emploi, quelques signes donnent à penser que le taux de chômage a atteint un sommet, à 12,8%. Les derniers chiffres officiels recensent 3,09 millions de chômeurs en France à la fin de février.

L’enquête Reuter affiche une prévision médiane de 12,8% jusqu’au quatrième trimestre de cette année, avant que le taux de chômage n’entame une légère décrue.

Ces chiffres sont à peine plus optimistes que les 13% prévus lors de l’enquête précédente. Les économistes prévoient un taux de chômage de 12,4% en 1998, après 12,7 en 1997.
PARIS, 16 Avril (Reuter). — La croissance de l’économie française atteindrait 2,2% cette année, ce qui pourrait éviter une aggravation du chômage, et 2,8% en 1998, indique une enquête réalisée par Reuters auprès de 23 économistes.Dans cette année d’«examen de passage» pour les pays candidats à l’Union économique et monétaire, le sentiment général des spécialistes interrogés est que le gouvernement français réussira à limiter son déficit public à 3% du Produit intérieur brut (PIB) comme le demande le traité de Maastricht.En dépit du resserrement de la politique monétaire américaine, les économistes s’attendent à ce que la Banque de France poursuive sa baisse prudente et mesurée des taux directeurs. Ils soulignent cependant que sa politique du franc «fort» et étroitement lié au mark allemand...