L’organisme dirigeant du football européen, qui estime qu’une candidature unique est la seule garantie de succès pour le vieux continent, tentera de définir les modalités de sélection de son candidat lors de ces deux jours, après avoir fait volte-face début février à Londres.
Le 7 février, l’UEFA, qui avait apporté un soutien non officiel à l’Allemagne, candidate déclarée depuis 1993 auprès de la FIFA (Fédération internationale), avait demandé dans un premier temps à l’Angleterre de retirer sa candidature. Devant le tollé provoqué dans l’opinion publique britannique, elle avait fait machine arrière en offrant finalement à la Fédération anglaise (FA) la possibilité de présenter son dossier.
Ce sera donc chose faite jeudi et vendredi sur les bords du lac Léman, où Allemands et Anglais viendront défendre leur dossier devant le comité exécutif de l’UEFA. La délégation allemande sera composée notamment d’Egidius Braun, président de la Fédération allemande et membre du comité exécutif de l’UEFA, Gerhard Mayer-Vorfelder, vice-président de la Fédération allemande et membre du comité exécutif de la FIFA, et Franz Beckenbauer. Côté anglais, la délégation sera conduite par Keith Wiseman, président de la Fédération anglaise (FA), et Graham Kelly, directeur exécutif de la FA.
Sans doute pas
de décision jeudi
Selon l’UEFA, «en principe, il ne faut pas attendre de décision pour jeudi ou vendredi sur cette question». «Nous voulons d’abord entendre l’Allemagne et l’Angleterre sur les raisons profondes de leur candidature afin de fixer avec elles les règles de sélections. Nous nous déterminerons plus tard», a indiqué mardi un porte-parole de l’organisme européen.
Les choses risquent cependant de ne pas se passer ainsi. «Si nous ne sommes pas satisfaits de la procédure de sélection, nous présenterons seuls notre candidature à la FIFA», avait menacé le 7 février Graham Kelly, alors que Gerhard Aigner, secrétaire général de l’UEFA, avait souligné de son côté que «l’Allemagne et l’Angleterre étaient sur la même ligne».
Toujours est-il que dans le camp allemand, qui a reçu le soutien du chancelier Helmut Kohl et du secrétaire général de la FIFA Joseph Blatter, l’optimisme est de rigueur pour obtenir le droit de défendre les chances de l’Europe dans la longue course au Mondial-2006. La FIFA enverra, fin 1998 après le Mondial organisé en France, une lettre d’appel à candidatures à toutes ses associations membres, exceptées celles du Japon et de la Corée du Sud, qui organisent conjointement le Mondial-2002.
Jusqu’en février 1999, les fédérations intéressées — Afrique du Sud, Egypte, Maroc, Argentine, Brésil, Equateur-Pérou, Allemagne et Angleterre pour le moment — pourront demander à recevoir le cahier des charges de la FIFA qu’elles devront déposer en septembre de la même année. Et c’est en juin 2000 que la FIFA fera connaître le nom du pays organisateur.

