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Actualités - Reportage

Bonnie and Clyde : la fugue posthume...

WASHINGTON-Irène Mosalli
En chacun sommeillent des envies de Roméo et Juliette. Inoubliables, ces jeunes amoureux shakespeariens et tous ceux qui s’aiment comme eux. Même s’il s’agit d’un couple qui a vécu revolver au poing. Revolver pointé sur les autres et non pour mourir ensemble, tendrement enlacés… A comprendre Bonnie et Clyde, les tumultueux bandits-tourtereaux de l’époque de la Grande Dépression. Et c’est la sœur du héros-brigand qui vient de remettre leur histoire à jour.
Son nom, Mary Borrow. Elle est la seule survivante de la famille. Agée aujourd’hui de 78 ans, et n’ayant pas d’héritiers, elle a décidé de vendre aux enchères les effets de son frère. Avec l’argent obtenu, elle voudrait faire reposer côte à côte, Bonnie et Clyde qui sont enterrés dans des cimetières, distant l’un de l’autre de 18 kilomètres. Quand ils avaient été tués, le 23 mai 1934, elle-même était adolescente. Elle a toujours voulu procéder à cette inhumation commune. Mais la mère de Clyde s’y était opposée. Aujourd’hui qu’elle n’est plus là, Mary Borrow va faire de son mieux pour mener à bien son projet.
Parmi les «souvenirs» qui seront adjugés, on retrouve une chemise bleue avec des boutons de perles que Bonnie portait quand il est mort; une collection de lettres; des photos de famille; une ceinture et un miroir qu’il avait fabriqué à l’intention de Bonnie, lorsqu’il avait été en prison. Et aussi une montre de poche, qu’il consultait souvent, à la manière de son héros favori, Jesse James.
D’après les experts, la chemise pourrait rapporter de 35.000 à 45.000 dollars. L’an dernier une des chemises de Bonnie et une lettre adressée à sa mère avaient été acquis par un collectionneur, lors d’une exposition organisée dans la bibliothèque municipale de Dallas et consacrée à la vie de ces deux hors-la-loi, qui ont pris place dans l’histoire américaine.
Rappelons que le frère de Bonnie, nommé Buck, et quelques autres voyous moins connus, ont fait partie de la bande qui, au début des années 30 avait écumé le sud-ouest américain. Ils pillaient des banques, volaient des voitures, s’appropriaient des cargaisons d’alimentation. Au passage, ils avaient descendu plus d’une douzaine de policiers qui avaient essayé de leur barrer la voie. Leur règne de terreur avait duré trois ans. C’est finalement un ami, que Clyde avait financièrement aidé durant des années, qui les avait vendus aux autorités. Une dizaine de policiers, cachés dans un buisson, avaient aspergé la voiture de Bonnie et Clyde d’une centaine de balles, les tuant, avant que la voiture se fût arrêtée.
Durant les 63 années qui se sont écoulées depuis, une multitude de livres, d’articles de presse, de shows télévisés ont évoqué ces amoureux. Le grand écran n’a pas été en reste, avec au moins six films contant cette idylle, le plus célèbre étant «Bonnie and Clyde», sorti en 76, interprété par Warren Beatty et Faye Dunaway.
Bandits des grands chemins, ils sont arrivés à inscrire leur histoire dans celle du Texas.
WASHINGTON-Irène MosalliEn chacun sommeillent des envies de Roméo et Juliette. Inoubliables, ces jeunes amoureux shakespeariens et tous ceux qui s’aiment comme eux. Même s’il s’agit d’un couple qui a vécu revolver au poing. Revolver pointé sur les autres et non pour mourir ensemble, tendrement enlacés… A comprendre Bonnie et Clyde, les tumultueux bandits-tourtereaux de l’époque de la Grande Dépression. Et c’est la sœur du héros-brigand qui vient de remettre leur histoire à jour.Son nom, Mary Borrow. Elle est la seule survivante de la famille. Agée aujourd’hui de 78 ans, et n’ayant pas d’héritiers, elle a décidé de vendre aux enchères les effets de son frère. Avec l’argent obtenu, elle voudrait faire reposer côte à côte, Bonnie et Clyde qui sont enterrés dans des cimetières, distant l’un de...