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Actualités - Reportage

Hedy Lamarr, mère du cellulaire...

WASHINGTON-Irène Mosalli

Elle était belle et elle n’a pas eu besoin de se taire. Bien au contraire, on lui a demandé d’exprimer ce qu’il y avait dans sa jolie tête, car elle avait beaucoup de matière grise… Il s’agit de la star hollywoodienne des années 40, Hedy Lamarr, femme fatale à l’écran et initiatrice du principe d’un système de communication, considéré comme l’ancêtre du mécanisme du téléphone cellulaire.
Pourquoi cette révélation soudaine? Parce que l’un des fils de l’actrice, nommé Anthony Loder, voudrait que soit reconnu l’apport de sa mère (aujourd’hui âgée de 85 ans et vivant en recluse en Floride) à la technologie de pointe.
Beaucoup pensent que ce geste filial est «intéressé», car Anthony possède un magasin de téléphones. D’autres font remarquer que déjà dans les années 80, un ingénieur en électricité de Massachusetts avait proposé, en vain, à l’institut de Génie électrique et électronique d’octroyer une distinction à l’ancienne vedette. Une requête pour une médaille d’honneur du Congrès est restée sans réponse.
Toujours est-il que l’histoire du flair scientifique d’Hedy Lamarr retient l’attention.
D’où lui est venue cette compétence? Cette Viennoise d’origine, (de son vrai nom Hedwig Eva Maria Kiesler) s’était fait d’abord remarquer dans le film «Ecstasy». A 19 ans (en 1933), elle épouse un fabricant d’armes, Fritz Mandl qui la garde toujours à ses côtés pendant ses réunions et ses dîners de travail avec des acheteurs et des concepteurs. La jeune femme ne jouait pas uniquement les hôtesses parfaites. Elle écoutait attentivement et assimilait tout ce qui se disait. Au bout de quatre ans de mariage, lasse de cette vie et voyant que son mari était de plus en plus impliqué avec le régime nazi, elle s’enfuit à Londres et fait du théâtre. C’est là que la remarque le patron de la M.G.M. qui lui offre de travailler à Hollywood. Elle accepte la proposition, se rend aux Etats-Unis, change de nom et entame une nouvelle vie.

Mais elle n’a pas oublié la leçon en armement, apprise avec son premier mari, (par la suite elle en aura cinq autres), en particulier lorsqu’ils visionnaient ensemble les tests du fonctionnement et de l’emploi des torpilles. En 1941, elle rencontre le compositeur américain de musique avant-gardiste Georges Antheil et se lie d’amitié avec lui. Un jour qu’elle est installée près de lui au piano, elle se voit en train de reproduire, après lui, les sons que lui tirait. Elle lui dit soudain, «nous nous parlons, nous nous entendons pendant que les timbres résonnent».

Ce qui engendre dans son esprit l’association suivante. Un simple signal radio destiné à guider une torpille est facile à bloquer. Alors que si le signal est donné à intervalles rapides et sur différentes fréquences quelqu’un qui essayerait de l’intercepter ou de le brouiller n’entendrait que des bruits occasionnels. Seuls des signaux préalablement synchronisés entre l’expéditeur et son correspondant (comme ce qui venait de se produire au piano) permettrait une communication claire et exclusive entre eux.
L’actrice et le compositeur ont présenté ce projet qui fut breveté. Il ne fut cependant retenu et développé que vingt ans plus tard (donc après que le brevet ait été périmé) d’abord par les services de la marine. Puis commercialisé.

Mieux que du cinéma cette tranche de vie de la célèbre interprète féminine de «Samson et Dalida»...
WASHINGTON-Irène MosalliElle était belle et elle n’a pas eu besoin de se taire. Bien au contraire, on lui a demandé d’exprimer ce qu’il y avait dans sa jolie tête, car elle avait beaucoup de matière grise… Il s’agit de la star hollywoodienne des années 40, Hedy Lamarr, femme fatale à l’écran et initiatrice du principe d’un système de communication, considéré comme l’ancêtre du mécanisme du téléphone cellulaire.Pourquoi cette révélation soudaine? Parce que l’un des fils de l’actrice, nommé Anthony Loder, voudrait que soit reconnu l’apport de sa mère (aujourd’hui âgée de 85 ans et vivant en recluse en Floride) à la technologie de pointe.Beaucoup pensent que ce geste filial est «intéressé», car Anthony possède un magasin de téléphones. D’autres font remarquer que déjà...