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Actualités - Chronologie

Akmola, nouvelle capitale Kazakhe

ALMATY, 14 Avril (AFP). — Le transfert de la capitale kazakhe d’Almaty (sud-est) à Akmola dans le nord du pays, prévu d’ici la fin de l’année par le président Noursoultan Nazarbaïev, est largement critiqué et les fonctionnaires traînent les pieds.
A l’instar de Moustapha Kémal en Turquie et de Pierre Le Grand en Russie, «Nazarbaïev veut entrer dans l’histoire comme celui qui a changé la capitale», relève Sérikbolsin Abdildin, leader du Parti communiste (opposition).

Mais «Akmola ne sera pas une vraie capitale, juste une base arrière pour Nazarbaïev, peuplée de fonctionnaires aux ordres», estime Piotr Svoïk, leader du mouvement Azamat, coalition oppositionnelle de démocrates, d’intellectuels et de syndicats indépendants.

«Mieux vaudrait payer les salaires avant de s’occuper d’Akmola», insiste M. Svoïk. Les salaires et retraites impayés au Kazakhstan s’élèvent à 810 millions de dollars.
Les fonctionnaires d’Almaty ne paraissent guère enthousiastes à l’idée de se retrouver d’ici la fin de l’année à Akmola et sous son climat sibérien. Certains se déclarent même prêts à démissionner.
Pour accélérer le déplacement des institutions, Akedjan Kagegueldine, premier ministre kazakh, a décrété fin mars que «les fonctionnaires qui ne se dépêchaient pas, ne couperaient pas les rubans inaugurant les bâtiments administratifs d’Akmola» menaçant, par là même, les retardataires de licenciement.

Affaire d’Etat

C’est une décision politique et «Nazarbaïev en fait une affaire personnelle qui se transforme en affaire d’Etat tellement il s’est engagé à changer de capitale», explique un diplomate occidental à Almaty.
Ex-membre du Politburo de l’URSS, le président mettrait «sa crédibilité en jeu» s’il revenait sur cette décision, prise à la mi-1994.
Pourtant, le Kazakhstan ne dispose pas dans son budget des ressources suffisantes. Mais «il pourrait consacrer ce qu’il a en priorité à Akmola», selon le diplomate.
Les autorités du Kazakhstan entendent faire financer au maximum par des entreprises étrangères les travaux à Akmola, mais personne n’est capable d’évaluer sérieusement le coût de ce déménagement. Le Fonds monétaire international s’oppose à financer le projet, craignant qu’il ne pousse le pays à la ruine.
Une des raisons formulées par les autorités pour justifier le déplacement est la volonté de préserver la paix ethnique.
Akmola,280.000 habitants, est située à la frontière entre les régions nord peuplées essentiellement de Russes (37% de la population totale) et les provinces méridionales habitées par des Kazakhs (43%).
«Le pays sera plus facile à gouverner d’Akmola», estime M. Nazarbaïev. D’autant que la future capitale est plus centrale.
Le Kazakhstan est grand comme une fois et demie l’Union européenne, et l’actuelle capitale, Almaty, 1,5 million d’habitants, est située dans l’extrême sud-est, non loin de la frontière chinoise.
En outre, Almaty est située sur une zone de fracture de la plaque terrestre. Les séismes qui ont secoué ces jours-ci le Xinjiang chinois ont été ressentis à Almaty et les sismologues prévoient une secousse d’au moins 7 degrés sur l’échelle de Richter dans les prochains mois à Almaty.
«Le transfert de capitale pourra permettre un développement économique des régions nord», immenses et sous-peuplées, relève Evguéni Jovtis, directeur du bureau international des droits de l’homme à Almaty. Mais la communauté russe voit avec inquiétude l’arrivée prochaine de 10.000 à 15.000 fonctionnaires kazakhs et de leurs familles, ajoute-t-il.
ALMATY, 14 Avril (AFP). — Le transfert de la capitale kazakhe d’Almaty (sud-est) à Akmola dans le nord du pays, prévu d’ici la fin de l’année par le président Noursoultan Nazarbaïev, est largement critiqué et les fonctionnaires traînent les pieds.A l’instar de Moustapha Kémal en Turquie et de Pierre Le Grand en Russie, «Nazarbaïev veut entrer dans l’histoire comme celui qui a changé la capitale», relève Sérikbolsin Abdildin, leader du Parti communiste (opposition).Mais «Akmola ne sera pas une vraie capitale, juste une base arrière pour Nazarbaïev, peuplée de fonctionnaires aux ordres», estime Piotr Svoïk, leader du mouvement Azamat, coalition oppositionnelle de démocrates, d’intellectuels et de syndicats indépendants.«Mieux vaudrait payer les salaires avant de s’occuper d’Akmola», insiste M....