Le Pape — après une halte de six mois consécutive à son opération de l’appendicite — doit profiter de cette visite dans la capitale bosniaque pour y lancer un appel aux peuples des Balkans et de l’Europe orientale en faveur du rapprochement œcuménique entre catholiques, orthodoxes et musulmans et de la collaboration inter-ethnique.
Il va rappeller aux habitants de Sarajevo leur tradition de coexistence pacifique entre les diverses composantes du pays.
Une rencontre du Pape avec ces dernières est prévue au siège de l’archevêché dimanche après-midi avant qu’il ne reparte pour Rome.
Les autorités religieuses musulmans n’ont pas fait de commentaire sur la visite de Jean-Paul II, alors que les autorités orthodoxes se sont félicitées de sa venue, tout comme les représentants de la toute petite communauté juive (700 membres).
Dans l’archidiocèse de Sarajevo, selon les données du Vatican, il y avait avant la guerre, répartis en 144 paroisses, 530.000 catholiques. Il n’en reste plus aujourd’hui que 125.000. Cinq couvents et 13 paroisses ont été détruits, et 67 églises endommagées. Dans la ville même, deux églises ont été détruites et la cathédrale a subi des graves dommages.
Ce pèlerinage dans la ville martyre qui porte encore les stigmates de la guerre, tenait au cœur du Pape dès le début du conflit en 1992.
Un rappel de
Sarajevo 1914
Le Pape a l’intention de lancer de Sarajevo une mise en garde à tout le continent européen, en rappelant que le premier conflit mondial est parti de cette ville.
En 1994, quand il avait confirmé son projet de pèlerinage dans la capitale bosniaque pour le 8 septembre, auquel il avait dû renoncer, il avait déjà déclaré aux journalistes: «Sarajevo 1914, Sarajevo 1994: vous saisissez le sens de mon voyage».
Sa visite avait dû être annulée, aucune assurance pour sa sécurité n’ayant pu être obtenue des forces serbes qui assiégeaient la ville.
Par sa déclaration, le Pape voulait décrire Sarajevo comme la ville-symbole des guerres de ce siècle en Europe.
Dans un commentaire paru ces jours-ci dans l’agence des évêques italiens SIR (Service Informations Religieuses), Sarajevo, le Liban et Cuba sont qualifiés comme les «voyages impossibles» du Pape, lieux où il a toujours souhaité se rendre malgré les obstacles.
Ces trois «voyages impossibles» — le Pape est attendu à Beyrouth le 10 et le 11 mai prochains et à Cuba du 21 au 25 janvier 1998 — «scelleront, selon le SIR, la fin du XXe siècle, un siècle marqué par d’horribles conflits».


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