Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologie

Troubles au Cameroun à deux mois des législatives

YAOUNDE, 6 Avril (AFP). — L’une des deux provinces anglophones du Cameroun, le Nord-Ouest, vient de connaître une série d’attaques meurtrières menées par des groupes armés soi-disant indépendantistes, deux mois avant des élections législatives qui s’annoncent difficiles pour le parti au pouvoir, particulièrement en zone anglophone.
L’identité de ces groupes qui ont attaqué, de vendredi à dimanche, plusieurs établissements civils et militaires à travers la province, tuant trois gendarmes tout en perdant sept hommes, n’est pas encore clairement établie.
Le gouvernement n’a jusqu’à présent officiellement accusé aucun parti ou association, mais au niveau local, des représentants de l’Etat, comme le préfet de la capitale provinciale de Bamenda, ont mis en cause une association fédéraliste qui prône depuis mars 1996 l’option indépendantiste, le Southern Cameroons National Council (SCNC).
Le préfet de Bamenda déclarait mercredi au quotidien «Cameroon Tribune» que près de 500 jeunes ont été entraînés dans le Nord-Ouest et «formés, semble-t-il, pour le compte du SCNC, dans le but de réaliser la sécession d’une partie du territoire national».
Des documents saisis lors d’une vague d’arrestations, après les attaques, «parlent d’indépendance du Southern Cameroon et d’un plan de guerre avec des objectifs précis (...), conformément à un programme arrêté par les initiateurs de la sécession», affirmait-il.
Le SCNC, qui revendique 300.000 membres, dont nombre de notables et d’intellectuels, a démenti toute participation dans ces troubles, affirmant sa «démarche pacifique» pour arriver à un nouveau référendum sur l’avenir des deux provinces anglophones du Sud-Ouest et du Nord-Ouest.

Pas de dérive
séparatiste

Cette partie de l’ancienne colonie allemande du Kamerun, attribuée aux Britanniques après la guerre de 1914-18, avait précisément choisi par référendum, en octobre 1961, la réunification avec la partie française, déjà indépendante sous le nom de République du Cameroun depuis janvier 1960.
Le nouvel Etat bifédéral avait pris le nom de «République fédérale», avant de devenir «République unie» en mai 1972, sous le président Ahidjo, et de nouveau «République du Cameroun» en 1984, avec dix provinces, sous le président Paul Biya.
La suppression de l’autonomie de la partie anglophone a certainement laissé des regrets dans la région, où une autre association, le Kamerun Anglophone Mouvement (KAM), revendiquant 200.000 membres, réclame aussi depuis mars 1996 un référendum sur l’indépendance du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. Le KAM a été également incriminé dans les troubles.
Toutefois, aucun groupuscule indépendantiste ne s’est manifesté récemment dans ces régions, remarquent les observateurs, malgré les nostalgies des Anciens et les tentations séparatistes d’une partie de la jeunesse locale, instruite ou non, qui pense que sa situation économique s’améliorerait si la partie anglophone se rendait maîtresse de ses richesses pétrolières et agroalimentaires.
Le parti de masse de la région, le Social Democratic Front (SDF), et son président John Fru Ndi, ont de leur côté toujours regretté le manque de dialogue avec le pouvoir central, mais ils ont clairement repoussé «la dérive séparatiste» prise, selon eux, par le SCNC. M. Fru Ndi continue toutefois à collaborer avec le SCNC dont il est un des conseillers.

Multiples arrestations
de partisans

En fait, selon de nombreux observateurs, à travers le SCNC, c’est le SDF qui est visé, comme le suggérait le préfet de Bamenda, selon qui «les assaillants militent dans une formation politique bien connue». Ils en veulent pour preuve l’arrestation de plusieurs candidats SDF, après les attaques, et l’instauration du couvre-feu qui interdit tout rassemblement, manifestation publique et réunion dans le Nord-Ouest.
YAOUNDE, 6 Avril (AFP). — L’une des deux provinces anglophones du Cameroun, le Nord-Ouest, vient de connaître une série d’attaques meurtrières menées par des groupes armés soi-disant indépendantistes, deux mois avant des élections législatives qui s’annoncent difficiles pour le parti au pouvoir, particulièrement en zone anglophone.L’identité de ces groupes qui ont attaqué, de vendredi à dimanche, plusieurs établissements civils et militaires à travers la province, tuant trois gendarmes tout en perdant sept hommes, n’est pas encore clairement établie.Le gouvernement n’a jusqu’à présent officiellement accusé aucun parti ou association, mais au niveau local, des représentants de l’Etat, comme le préfet de la capitale provinciale de Bamenda, ont mis en cause une association fédéraliste qui prône...