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Actualités - Chronologie

Adolescents, neo-nazis et fiers de l'être

MAHLOW (Allemagne), 2 Avril (AFP). — Falko, Nico et Patrick ont le crâne rasé, détestent les étrangers et flirtent avec le nazisme. L’agression brutale de trois Noirs britanniques près de chez eux, l’été dernier à Mahlow (ex-RDA), n’a rien changé à leurs convictions.
Cinq ans après la première flambée de violence d’extrême-droite en Allemagne de l’Est, qui avait culminé avec les émeutes raciales de Rostock en 1992, Mahlow (banlieue sud de Berlin) a donné le signal d’une nouvelle vague d’agressions contre les étrangers.
En juin 1996, deux jeunes extrémistes de droite ont pris en chasse la voiture de Noël Martin, Michael Ricketts et Washington Gladstone Blackwood, tous trois ouvriers sur l’un des nombreux chantiers de construction de la région. Dans la course-poursuite, une pierre a été lancée contre le véhicule des Britanniques, qui s’est écrasé contre un arbre. Noël Martin, 37 ans, est depuis paralysé. Ses deux agresseurs ont été condamnés à huit et cinq ans de prison.
«C’était de la pure provocation, ce sont les Britanniques qui ont commencé. Après, c’est toujours facile de dire qu’on est raciste parce qu’on a le crâne rasé», commente Nico, 18 ans, apprenti-maçon.
Comme chaque vendredi soir, la bande de Falko, Nico et Patrick se retrouve dans la rue, près du gymnase de Mahlow (6.000 habitants), pour boire et refaire le monde, à sa manière. La bière coule vite à flots, les esprits s’échauffent, avec une obsession numéro un: les étrangers. «Çà ne peut pas continuer comme cela. Les Allemands doivent quitter leur maison, les étrangers reçoivent tout et en plus, ils ne paient pas d’impôts», lance Nico, petit et frêle. «Ma mère est importunée par des Turcs quand elle va au travail», renchérit son copain Falko, 18 ans, engoncé dans son bomber. «Je les hais comme la peste», poursuit le plus jeune, Patrick, 16 ans, du haut de ses rangers.
Quand tous les clichés sur les Turcs et les Polonais ont été passés en revue, restent les homosexuels, les «tiques», qualificatif pour les jeunes d’extrême-gauche, et les juifs.
«Les juifs, il ne fallait pas les gazer. Hitler aurait dû les envoyer sur le front russe, comme cela il n’aurait pas perdu la guerre», raconte Falko, qui se dit ouvertement néo-nazi.
La discussion se poursuit à l’infini, presque grotesque, sans véritable fondement idéologique. L’important semble plutôt de jouer avec les interdits, en écoutant des groupes de rock néo-nazis illégaux et en proférant des monstruosités.
«Tout cela constitue un style de vie plus qu’une idéologie fermement établie», analyse Bernd Wagner, expert auprès de l’Etat régional du Brandebourg (Est). Selon lui, ces jeunes peuvent avoir des contacts avec des groupes d’extrême-droite, mais ne sont pas eux-mêmes organisés.
Ils sont en fait prédisposés à la violence. Sous l’effet de l’alcool, il suffit d’un rien alors pour que les coups tombent. Les étrangers sont les premiers visés. Tous ceux qui font figure d’adversaires, punks, autonomes, voire touristes ouest-allemands venus «conquérir» l’Est, ne sont pas non plus épargnés.
Cette prédisposition à la violence est inhérente en partie à la réunification. Du jour au lendemain, la sécurité de l’emploi, du logement, garanties par un Etat totalitaire tout-puissant, a disparu.
«Il faut penser désormais en termes de concurrence, de compétition avec autrui, ce à quoi nous n’étions absolument pas habitués», relève Ilse Ryczewski, responsable d’un projet de prévention de la violence à Mahlow. «Avec la liberté de parole qui est maintenant proclamée, chacun croit qu’il peut dire et faire ce qu’il veut. Cela renforce inévitablement le potentiel de violence», ajoute-t-elle.
Pendant 40 ans, les Allemands de l’Est n’ont pas eu non plus d’autres horizons que les frontières de la RDA. Une partie de la société est-allemande a développé des tendances extrémistes, xénophobes, estime M. Wagner. «Avec la chute de Mur, ce qui était tabou est apparu au grand jour», ajoute-t-il.
MAHLOW (Allemagne), 2 Avril (AFP). — Falko, Nico et Patrick ont le crâne rasé, détestent les étrangers et flirtent avec le nazisme. L’agression brutale de trois Noirs britanniques près de chez eux, l’été dernier à Mahlow (ex-RDA), n’a rien changé à leurs convictions.Cinq ans après la première flambée de violence d’extrême-droite en Allemagne de l’Est, qui avait culminé avec les émeutes raciales de Rostock en 1992, Mahlow (banlieue sud de Berlin) a donné le signal d’une nouvelle vague d’agressions contre les étrangers.En juin 1996, deux jeunes extrémistes de droite ont pris en chasse la voiture de Noël Martin, Michael Ricketts et Washington Gladstone Blackwood, tous trois ouvriers sur l’un des nombreux chantiers de construction de la région. Dans la course-poursuite, une pierre a été lancée contre...