Les rebelles de l’Armée populaire de libération du Soudan (SPLA) commandée par John Garang approchent de Juba sur trois axes et se trouvent à 60 kilomètres de la localité sur la route qui part au nord-est de Yei, qu’ils ont prise le 12 mars.
Ils sont là depuis trois semaines, échangeant sans trêve des bombardements avec les troupes du gouvernement de Khartoum qui défendent les accès à Juba.
Le vice-président de la SPLA, le commandant Salva Kiir, a indiqué à Yei que cette halte n’était que tactique, ajoutant que les rebelles devaient se réorganiser.
Il a déclaré que l’arrivée de la saison des pluies pourrait ralentir la progression de la SPLA, reconnaissant que si les rebelles étaient «convenablement préparés, les pluies ne seraient pas un problème».
Une préparation «inadéquate peut ralentir nos mouvements», a-t-il dit. «Lorsque nous combattons, nous devons nous arrêter, nous réorganiser et nous ravitailler et cela peut prendre du temps».
La SPLA attaque également Juba à partir de Kajo Kaji, près de la frontière ougandaise à l’est de Yei, et à partir de Rokon, au nord-ouest de Juba. Des renforts sont en position à Mundri, une importante ville tenue par les rebelles à l’ouest de Rokon, selon la SPLA.
«Les forces gouvernementales peuvent toujours gagner Juba par avion, mais ne peuvent y aller par la route», selon le commandant Kiir. «Si elles viennent de Khartoum par la route (...) c’est difficile à cause de la météo», a-t-il ajouté.
Selon lui, la voie fluviale, par le Nil blanc, est le seul autre accès praticable à Juba, «s’ils peuvent échapper aux embuscades de la SPLA».
La guerre continuera
La SPLA, qui lutte depuis 13 ans pour mettre fin à la domination du pouvoir arabo-musulman de Khartoum sur le sud animiste et chrétien, s’est alliée récemment à l’opposition nordiste pour renverser le régime militaro-islamiste du président Omar al-Béchir.
L’opposition a lancé deux offensives, l’une à l’est du Soudan le 12 janvier à partir des frontières de l’Erythrée et de l’Ethiopie, l’autre, en mars dans le sud, en direction de la ville de Juba.
Les rebelles ont annoncé mardi la prise de la ville stratégique de Aqiq, sur la Mer rouge dans le nord-est du Soudan, et affirment avancer vers Tokar, au sud de Port-Soudan.
Les forces de l’opposition nordiste ont pris le 26 mars le contrôle de Qarora, sur la frontière érythréenne. La SPLA a de son côté pris ou repris plusieurs villes du sud.
Khartoum accuse l’Erythrée, l’Ethiopie et l’Ouganda de combattre aux côtés des rebelles, ce que ces trois pays ont démenti.
Le commandant Kiir a déclaré que la prise de Juba ne signifierait pas la fin de la guerre. «Nous mettrons sur pied une administration provisoire pour servir le peuple du sud (...) mais la guerre se poursuivra vers le nord jusqu’à la chute du gouvernement» de Khartoum, a-t-il ajouté.
Les rebelles ont l’intention d’organiser un référendum sur l’autodétermination du sud deux ans après la prise de Juba, selon lui.
Il a également qualifié d’«hésitantes» les relations avec l’opposition nordiste, avertissant que «s’ils ont l’intention de changer (de position) après la chute du gouvernement soudanais, cela conduira à la guerre».


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