«Nous espérons que le Conseil de Sécurité de l’ONU prendra en considération notre demande de doubler au moins (la quantité de pétrole exportée)», dont la valeur est actuellement fixée à deux milliards de dollars par semestre, a affirmé le général Amer Rachid.
«Nous demandons cela parce que (cette augmentation) est essentielle et nécessaire pour nous», a ajouté le ministre irakien.
Il a indiqué qu’il espérait que le rapport présenté par le secrétaire général de l’ONU Kofi Annan en mai, au moment du renouvellement de l’accord, inclurait une recommandation de doubler les quantités de pétrole exportées.
L’accord entré en vigueur le 10 décembre, autorise l’Irak, soumis à un embargo international depuis août 1990, à exporter du pétrole pour deux milliards de dollars par semestre, pour financer notamment l’achat de vivres et de médicaments.
Le général Rachid a affirmé que l’Irak était capable d’exporter le quadruple des quantités actuellement vendues qui s’élèvent à 600.000 barils par jour.
Par ailleurs, le ministre d’Etat turc Ahmet Cemil Tunc a entamé mardi à Bagdad ses entretiens visant à renforcer les échanges économiques entre les deux pays, a constaté l’AFP.
M. Tunc, du parti islamiste de la Prospérité (Refah), a rencontré le ministre irakien du Pétrole, le général Amer Rachid. Dans une déclaration à la presse, le responsable irakien a affirmé que les réunions bilatérales «témoignent de la volonté sincère de développer les relations entre les deux pays».
Le ministre turc avait pour sa part déclaré à son arrivée lundi soir à Bagdad que «le gouvernement turc veut renforcer les relations commerciales avec l’Irak», soulignant «les liens d’amitié et de bon voisinage» entre les deux pays.
Selon la presse irakienne, les entretiens doivent porter sur le commerce frontalier, ainsi que sur l’application des accords bilatéraux conclus.
Un accord de coopération entre la Turquie et l’Irak avait été signé en août à Bagdad. Il prévoit l’augmentation du volume des échanges et confirme les projets commerciaux planifiés par les deux pays dans le passé, dont celui d’un gazoduc.
Selon la presse, le responsable turc, qui est accompagné d’une délégation économique, a déclaré que le ministre turc de l’Energie était attendu à Bagdad en mai pour des entretiens au sujet de l’oléoduc irako-turc.
L’oléoduc a été rouvert en décembre dernier, conformément à la résolution «pétrole contre nourriture» de l’ONU qui autorise l’Irak à exporter une quantité de brut d’une valeur de 2 mds USD par semestre pour financer l’achat de vivres et de médicaments. Une partie du brut que l’Irak exporte transite actuellement par cet oléoduc qui était resté fermé pendant six ans suite aux sanctions de l’ONU.
La Turquie a conclu, en décembre avec l’Irak, un accord portant sur l’achat de 3,6 millions de tonnes de pétrole irakien.
Lors d’une conférence de presse avant son départ d’Ankara, M. Tunc avait déclaré que le but de la Turquie était de «porter le commerce turco-irakien au niveau de l’avant-guerre» du Golfe (1991). Le volume des échanges bilatéraux s’élevait alors à près de 2 mds USD par an.
M. Tunc avait affirmé que la Turquie avait perdu, en raison des sanctions imposées depuis 1990 par l’ONU à l’Irak, «non seulement 35 milliards de dollars, mais 60 milliards de dollars, quand on prend en compte les effets secondaires de cet embargo».


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