Cinq ans après être intervenu clandestinement sur M. Goldreer, l’équipe médicale de Volgograd (800 kilomètres sud-est de Moscou) vulgarise sa méthode pour en faire une spécialité de chirurgie esthétique et propose à tout volontaire de gagner quelques centimètres (de 3 à 12) ou de retrouver des jambes droites.
Le centre de «cosmétologie anthropométrique» utilise l’appareil orthopédique inventé dans les années 1960 par le professeur Gavril Ilizarov qui permet d’allonger les os ou de rectifier leur ligne, sans traumatisme.
«Il se place autour de la jambe, de fines pointes pénètrent dans la peau et se fixent sur les os, dont elles modifient peu à peu la forme ou la longueur. Au total, compris d’indispensables exercices sportifs pour renforcer le squelette, le processus a pris six mois», revèle M. Goldreer.
Il se trouvait petit, malingre et avait entendu parler du professeur Ilizarov, qui faisait des miracles sur les jambes de graves accidentés. Il a tenté de convaincre le Parti communiste et le ministère de la Santé soviétique, puis russe, de donner l’autorisation d’«opérer» des personnes saines.
Puis, las de combattre des hydres, il persuade en 1992 un adepte d’Ilizarov, le professeur Mikhaïl Egorov, de pratiquer l’intervention dans la clandestinité.
Femme
de ministre
M. Goldreer a gagné «un millimètre par jour» gardant l’appareil deux mois, suivis de quatre mois obligatoires de musculation et de piscine.
Aujourd’hui délégué à la promotion du centre de Volgograd, il assure qu’aucune complication n’a été constatée sur les quelques dizaines de personnes saines, toutes russes, ayant déjà subi l’intervention – dont la chanteuse Vika Tsiganova, «Svetlana, femme de ministre qui a exigé l’anonymat et le directeur d’un conglomérat métallurgique qui ne voulait plus regarder ses subalternes d’en bas».
Crise économique aidant, l’opposition des autorités a été vaincue.
Sur quelques kilomètres carrés de parc, l’équipe du Pr Egorov propose depuis février ses services aux volontaires, offrant sauna, tennis, piscine, centre de beauté et chirurgie esthétique.
Grâce à l’entreprise de pneumatiques Voltair, qui a donné son complexe sportif, «nous sommes maintenant prêts à accueillir les clients étrangers», assure M. Goldreer.
Des chirurgiens et assistantes ont été formés ces derniers mois à Moscou. «Nous espérons devenir un centre rentable, connu du monde entier, comme la clinique à Moscou de Sviatoslav Fiodorov», spécialiste de la myopie, dit M. Goldreer, montrant des photographies de personnes aux jambes d’une rectitude parfaite.
Cette méthode qui intervient sur le fémur ou le tibia est déjà utilisée dans le monde entier pour raisons strictement médicales, y compris depuis très récemment aux Etats-Unis qui la refusaient auparavant.
Temps libre
Exceptionnellement, elle a été employée sur des gens très petits, voire nains, selon le Pr Henri Bensahel, de l’hôpital Robert Debré à Paris qui l’a lui-même pratiquée pour une enfant de 1,45 mètre. Mais la spécialisation esthétique de la clinique russe constitue «un phénomène de société intéressant», souligne-t-il.
Selon le directeur du centre russe, M. Iouri Otchnev, plus de cent patients aux jambes torses bouclent l’agenda des six prochains mois. Et «quelques autres» ont réservé pour gagner quelques centimètres.
«L’intervention, qui fait un peu mal au début, ne laisse aucune cicatrice», assure M. Goldreer.
Elle coûte 4.000 à 6.000 dollars et demande aussi du temps libre: si le «fixateur» se pose en une heure et demie sous anesthésie locale, il faut ensuite compter 6 à 8 semaines pour corriger des jambes tordues et plusieurs mois pour avoir les longues jambes des top models.
L’hospitalisation, facultative, reviendra à 700 dollars par mois avec accès à tous les services sportifs.


Israël Katz assure que l’armée israélienne « conservera sa liberté d’action militaire » au Liban malgré la nouvelle trêve
À Verdun, un « sommet spirituel » pour préserver l’unité nationale... et donner un coup de pouce au pouvoir