«Nous abordons le sujet sous tous les angles, à l’exception de l’aspect physique, dans le but de décourager la pratique de l’adultère», a déclaré M. Kamarul Baharin Buyong, directeur général du département des musées et antiquités.
M. Kamarul espère un retentissement international pour cette exposition, qui se poursuivra durant une année sur le thème «Infidélité – non respect des valeurs familiales» au musée national de Kuala Lumpur.
«Il s’agit d’une première mondiale. Nous voulons donner au visiteur une perspective complète, en commençant par les aspects anthropologiques et historiques dans les civilisations les plus reculées», précise l’organisateur.
L’exposition propose notamment au moins sept modèles de ceintures de chasteté et une galerie de portraits de personnages célèbres ayant trompé leur conjoint ou commis des crimes passionnels.
L’infidélité en Europe, en Amérique latine, en Asie et en Afrique est retracée, ainsi que les peines et les rituels de punition.
Un secteur multimédia présentera des éléments sonores et des extraits de films ayant pour thème l’infidélité.
Acrobatique
L’ambition affirmée de l’exposition est de «montrer au public les effets néfastes de l’infidélité et de favoriser la prise de conscience des conséquences et des problèmes sociaux qu’elle engendre».
Aucune statistique permettant d’évaluer les effets de l’adultère en Malaisie n’est connue à ce jour, mais les gouvernements de plusieurs Etats du pays ont envisagé d’appliquer des châtiments corporels, comme les coups de canne, pour les délinquants de religion musulmane.
L’Etat de Kelantan (nord), administré par un parti fondamentaliste islamique, a même proposé l’application stricte de la «charia» (loi islamique), qui recommande la mort par lapidation pour les coupables.
La loi islamique en vigueur en Malaisie prévoit, pour les seuls musulmans, une amende de 1.000 ringgits (400 dollars) et six mois de prison.
Un groupe comprenant des religieux et des représentants du ministère de l’Intérieur et d’autres services gouvernementaux a été officiellement chargé de censurer l’exposition pour la débarrasser de «tous les aspects sensibles» incompatibles «avec la Malaisie multiraciale et plurireligieuse» précise M. Kamarul.
«Tout cela est très acrobatique, mais, face à la concurrence des parcs de loisirs et autres distractions modernes, les musées doivent faire preuve d’imagination pour attirer le public», conclut l’organisateur.


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