A 68 ans, il est né le 20 juin 1928, il a conservé intacte sa capacité de tenir l’auditoire en haleine pendant les longs discours qu’il prononce sans notes.
Pour ses partisans, il est «le président» idéal qu’ils voudraient pour la France. Son parti extrêmement personnalisé lui doit l’essentiel de son succès, même si la question de sa succession n’est plus taboue.
Mais l’homme n’a jamais provoqué autant de répulsion chez ses adversaires politiques, dénonçant ouvertement sa démagogie et le racisme qui lui a déjà valu plusieurs condamnations.
A deux reprises, le Parlement européen où il siège depuis 1984 a levé son immunité parlementaire pour qu’il puisse être jugé pour des propos antisémites.
Il a notamment été condamné pour avoir déclaré en 1987 que les chambres à gaz constituaient un «point de détail» de l’histoire de la Seconde Guerre mondiale, un jugement confirmé en appel.
Depuis, les dérapages verbaux, sur l’«inégalité entre les races» ou sur un «complot juif» qui tiendrait en «otage» le président gaulliste Jacques Chirac, se succèdent à intervalles réguliers, mais M. Le Pen cherche globalement à recentrer l’image de son parti.
Un para reconverti
Il a troqué son allure d’ancien para des années cinquante, héritée de son engagement dans les guerres d’Indochine et d’Algérie, pour la mise policée d’un notable de la politique, qui se déplace avec chauffeur et garde du corps.
Ses métamorphoses personnelles se confondent en fait avec celles du FN, groupuscule d’extrême-droite fondé en octobre 1972, dont il a fait l’un des principaux partis politiques français, crédité aujourd’hui de 15% des intentions de vote.
Cette réussite le conduit à multiplier les déclarations destinées à asseoir sa respectabilité. C’est ainsi qu’il a pu répéter samedi à Strasbourg (est) que le FN constituait la «grande alternative» aux autres partis, et que les Français ne devaient pas «avoir peur» du FN, affirmant que «le danger ne se trouve pas du côté du Front national, il se trouve en face de lui».
Candidat à trois reprises à l’Elysée, M. Le Pen, après avoir obtenu 0,74% des voix à l’élection présidentielle de 1974, n’avait pas pu se présenter en 1981, faute d’un nombre suffisant de parrainages. Ce n’est qu’à la présidentielle de 1988 qu’il se voyait propulsé à l’avant-scène de la vie politique, avec 14,38% des suffrages.
Au premier tour de l’élection présidentielle de 1995, Jean-Marie Le Pen était parvenu à rassembler 15% des voix.
En 1986, il avait réussi à faire élire à la proportionnelle 35 députés FN à l’Assemblée nationale, d’où la droite nationaliste était absente depuis près de 30 ans. Il avait été lui-même le benjamin de la Chambre des députés en 1956, dans les rangs de la droite populiste.
Jean-Marie Le Pen reste décidé à conserver sa prééminence à la tête du parti, en dépit du prestige croissant de son délégué général Bruno Mégret, qui vient de donner au FN à Vitrolles, par épouse interposée, une quatrième mairie dans le sud-est, après Toulon, Marignane et Orange.
Dimanche, Jean-Marie Le Pen était le seul candidat à sa succession à la présidence du parti. Il ne manifeste aucune intention de prendre sa retraite politique et son entourage estime qu’il sera encore présent à la présidentielle de 2002.
Député européen, président du groupe Front national au conseil régional Provence-Alpes-Côte-d’Azur (sud-est), il n’a pas encore fait connaître ses intentions pour les législatives prévues en mars prochain.
Divorcé en 1985, il s’est remarié en juin 1991. Il est père de trois filles, qui soutiennent son action politique.


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